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Auto - Transports

Sans chauffeur ou modulable : les opérateurs à la recherche de la mobilité électrique de demain

Le Cristal, sorte de minibus électrique à usage hybride, peut être conduit comme une voiture individuelle ou comme un bus classique, éventuellement en combinant jusqu’à quatre véhicules reliés entre eux, en convoi. Frederick Florin/AFP

Des minibus électriques accrochés les uns aux autres comme un train, un robot-taxi sans chauffeur, une navette totalement automatique... Constructeurs et opérateurs de transport rivalisent d'imagination pour inventer les solutions mobiles écologiques de demain, notamment dans les zones périurbaines. Présentées au Congrès européen des systèmes de transports intelligents, qui s'est tenu en juin à Strasbourg, dans l'est de la France, ces innovations visent notamment à répondre à la problématique du « premier (ou dernier) kilomètre », c'est-à-dire aux besoins des usagers qui habitent – ou travaillent – à plus d'un kilomètre de la station de transport collectif la plus proche.
« Il faut imaginer des solutions nouvelles, car on ne peut pas mettre en place une ligne de bus pour une poignée d'usagers seulement », explique Anne Meyer, de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP), qui regroupe les opérateurs français de transports urbains et la compagnie des chemins de fer SNCF, notamment. L'enjeu est de permettre aux usagers de se passer de voiture. D'autant que « les jeunes générations y sont prêtes ; elles ne sont plus aussi attachées que par le passé au fait de posséder leur propre voiture », selon Mme Meyer.
Certaines des innovations proposées sont déjà en service. C'est le cas de la navette Navya Arma, véhicule électrique sans chauffeur, capable de transporter une quinzaine de personnes sur un itinéraire dûment repéré et cartographié au préalable. Le minibus autonome, développé par une société basée à Villeurbanne (près de Lyon), circule déjà dans le quartier Confluence à Lyon, mais aussi à Perth en Australie, en Nouvelle-Zélande ou au Qatar. À bord, l'usager donne le « top départ » en appuyant sur un écran tactile. La navette se met alors en route, à vitesse réduite, suivant un itinéraire prédéfini. Ses radars et caméras sont capables de repérer les obstacles : si un piéton ou un cycliste s'approche trop près, le véhicule s'arrête et « attend ». Mais il peut aussi perdre patience : si l'importun tarde à dégager le passage, le véhicule klaxonne automatiquement.

Cristal et Zoé
Autre engin étonnant, mais muni d'un chauffeur celui-ci : le Cristal, sorte de minibus électrique à usage hybride, mis au point par l'industriel alsacien Lohr. Le véhicule de quatre mètres de long – sur le point d'être commercialisé – peut être conduit comme une voiture individuelle, avec un simple permis B et quatre passagers au maximum. Mais, si un chauffeur habilité prend les commandes, il peut servir au transport collectif, en embarquant une vingtaine de passagers debout.
« L'idée, c'est que les opérateurs de transport puissent jouer sur les deux tableaux », explique Jean-François Argence, directeur des nouvelles mobilités chez Lohr. « Aux heures de pointe, on peut imaginer que le Cristal soit utilisé comme un bus classique, éventuellement en combinant jusqu'à quatre véhicules reliés entre eux, en convoi. Et, aux heures creuses, il pourrait être loué par des particuliers, sur le même mode que les voitures Autolib à Paris », détaille-t-il.
L'an prochain, les concepteurs du Cristal promettent de dévoiler un nouveau prototype amélioré... sans chauffeur. Le véhicule autonome, c'est justement l'objectif poursuivi par l'institut de recherche Vedecom, basé à Versailles près de Paris. Son prototype de robot-taxi électrique – développé à partir d'une Renault Zoé classique –, présenté au congrès à Strasbourg, a pu emmener quelques curieux vers l'Allemagne toute proche, à l'occasion d'une expérimentation grandeur nature. À première vue, la voiture semble quasiment « normale », mais lorsqu'elle s'insère dans la circulation sans personne aux commandes et que le volant tourne tout seul, les piétons sur le bord de la route ne cachent pas leur surprise.
Pour l'heure, la technologie suppose que le trajet soit cartographié à l'avance, que le véhicule soit surveillé à distance par un opérateur via des caméras placées le long de la route, et que les feux rouges puissent indiquer à la voiture, par Wi-Fi, qu'ils passent au vert. Bref, l'utilisation à grande échelle semble encore loin. Mais les ingénieurs de Vedecom assurent qu'un tel système pourrait être une des réponses au problème du « dernier kilomètre » : « L'usager appellerait un robot-taxi avec son smartphone, et la voiture viendrait automatiquement le prendre chez lui », imagine Gilles Le Calvez, directeur du programme Véhicule de l'institut de recherche.

Arnaud BOUVIER/AFP

Voitures autonomes : Avis et Waymo s'allient

Le groupe américain de location de voitures Avis Budget va assurer la maintenance des véhicules de Waymo, la filiale d'Alphabet (maison mère de Google) spécialisée dans les voitures autonomes. « Cette collaboration est destinée à soutenir la croissance de la flotte de véhicules autonomes de Waymo (ex-Google Car) et son programme baptisé ''early rider'', qui teste ces véhicules auprès du public à Phoenix en Arizona », a indiqué cette semaine Avis, propriétaire de l'entreprise d'autopartage Zipcar. « Ce partenariat permettra au groupe Avis Budget d'assurer la maintenance des voitures de Waymo en circulation, de façon à ce que les véhicules soient disponibles 24h/24 », poursuit Avis, qui ne fournit aucun détail financier de cet accord pluriannuel. Outre offrir des parkings sécurisés pour la flotte de Waymo, le personnel d'Avis pourra notamment nettoyer ces véhicules, en changer les pneus, ainsi qu'en vérifier l'état des pièces. Waymo entend porter bientôt sa flotte à 600 véhicules, pour l'essentiel des monospaces hybrides Chrysler Pacifica, mais aussi des Lexus (Toyota). Les véhicules autonomes, les voitures électriques et l'autopartage sont considérés comme l'avenir de l'automobile, et les partenariats entre le secteur automobile et celui des nouvelles technologies se multiplient. Waymo a déjà notamment noué un partenariat avec le service de réservation de voitures Lyft, dont General Motors est l'un des principaux actionnaires.

Des minibus électriques accrochés les uns aux autres comme un train, un robot-taxi sans chauffeur, une navette totalement automatique... Constructeurs et opérateurs de transport rivalisent d'imagination pour inventer les solutions mobiles écologiques de demain, notamment dans les zones périurbaines. Présentées au Congrès européen des systèmes de transports intelligents, qui s'est tenu en juin à Strasbourg, dans l'est de la France, ces innovations visent notamment à répondre à la problématique du « premier (ou dernier) kilomètre », c'est-à-dire aux besoins des usagers qui habitent – ou travaillent – à plus d'un kilomètre de la station de transport collectif la plus proche.« Il faut imaginer des solutions nouvelles, car on ne peut pas mettre en place une ligne de bus pour une poignée d'usagers seulement »,...
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