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Les Emirats arabes unis disposent de deux prisons "informelles" au Yémen

AFP
22/06/2017

Human Rights Watch (HRW) a affirmé jeudi que les Emirats arabes unis administraient au moins deux "structures de détention informelles" au Yémen et auraient transféré des détenus dans une base en Erythrée voisine.

L'Etat des Emirats est un membre clé de la coalition militaire arabe conduite par Riyad intervenue au Yémen en 2015 pour combattre les rebelles houthis soupçonnés de liens avec l'Iran, grand rival régional de l'Arabie saoudite, frontalière du Yémen.

HRW dit avoir recueilli des preuves que l'Etat des Emirats "administre au moins deux structures de détention informelles".

"Leurs responsables auraient vraisemblablement ordonné le maintien en détention de personnes ayant dû être libérées et des disparitions forcées avec notamment le transfert hors du pays de figures importantes parmi les détenus", souligne l'ONG basée à New York.

HRW dit avoir recensé 49 cas de détenus, dont 4 enfants, qui sont "arbitrairement emprisonnés ou ont disparu" dans le sud du Yémen, terre d'implantation de jihadistes.
Au moins 38 de ces cas sont passés par des centres administrées par des forces yéménites soutenues par les Emirats, selon HRW.

Les Emirats disposeraient également de structures de détention dans les provinces du sud, où sont ancrés l'Aqpa et une branche locale du groupe Etat islamique (EI), et "ont transféré des détenus importants hors du pays, notamment vers une base dont ils disposent en Erythrée".

Des enfants sont détenus dans ces centres avec les hommes, poursuit HRW.

Le camp rebelle, composé des houthis et de forces au sein de l'armée restées loyales à l'ancien président déchu Ali Abdallah Saleh, est responsable de la disparition d'"un grand nombre de personnes" dans le nord du Yémen, une région frontalière de l'Arabie saoudite contrôlée par la rébellion, indique HRW.

La guerre entre rebelles et forces loyalistes a fait plus de 8.000 morts, majoritairement des civils, et plus de 44.500 blessés depuis l'intervention de la coalition arabe en mars 2015.
Elle a aussi provoqué une crise humanitaire majeure dans ce pays déjà considéré comme le plus pauvre de la péninsule arabique.

L'ONU et HRW ont prévenu que les frappes aériennes de la coalition militaire conduite par l'Arabie saoudite ont cause de considérables pertes humaines au sein de la population et pourraient constituer des crimes de guerre.

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