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Moyen Orient et Monde

Mohammad ben Salmane, héritier du trône à 31 ans

Portrait
OLJ
22/06/2017

Le prince Mohammad ben Salmane est devenu hier, à 31 ans, héritier du trône saoudien à l'issue d'une ascension fulgurante et dans un contexte de crise ouverte avec le Qatar voisin. Le décret royal portant nomination du prince Mohammad est tombé à l'aube, provoquant la surprise générale.
Alors qu'il n'était que vice-prince héritier, Mohammad ben Salmane détenait déjà des pouvoirs exceptionnels pour un homme ayant la trentaine. « Il est clairement brillant, très intelligent, maîtrise parfaitement ses dossiers » et a une forte influence sur son père, le roi Salmane, âgé de 81 ans, relève un diplomate occidental.
Depuis qu'il a été nommé vice-prince héritier le 29 avril 2015, le jeune prince a été le principal artisan de l'intervention saoudienne au Yémen et l'inspirateur d'un vaste programme de réformes économiques de son pays, certes le premier exportateur du pétrole, mais trop dépendant de cette ressource. Il a transgressé un tabou en proposant de vendre en Bourse moins de 5 % du géant pétrolier Aramco et de se doter aussi d'un fonds souverain de 2 000 milliards de dollars (1 777 milliards d'euros), le plus grand du monde.
Né le 31 août 1985, le jeune homme à la barbe noire et la calvitie naissante travaille 16 heures par jour et dit que sa mère l'a élevé strictement. Ayant la réputation d'un réformateur pressé, Mohammad ben Salmane était second dans l'ordre de succession, position qu'il a décrochée avec une série de responsabilités économiques et militaires lorsque son père a accédé au trône en janvier 2015.
Conformément aux nouvelles dispositions, l'ancien prince héritier, Mohammad ben Nayef, a été simplement écarté et a perdu le ministère de l'Intérieur à la tête duquel il a mené une guerre sans merci contre les groupes extrémistes et dont l'action, dans ce domaine, était appréciée par les Occidentaux.
Le nouveau prince héritier cumule les postes de vice-Premier ministre, ministre de la Défense, conseiller spécial du souverain, et, surtout, il préside le Conseil des affaires économiques et de développement, organe qui supervise Saudi Aramco, la première compagnie productrice de pétrole au monde. Il a réussi à avoir « un pouvoir et une influence extraordinaires en très peu de temps », note Frederic Wehrey de l'institut Carnegie Endowment for International Peace à Washington.

Agressif et ambitieux
En tant que ministre de la Défense, Mohammad ben Salmane a supervisé les opérations militaires lancées au Yémen par son pays qui a pris la tête en mars 2015 d'une coalition arabe pour combattre des rebelles chiites, accusés de liens avec l'Iran.
Sous le roi Salmane, le royaume a adopté une politique étrangère plus offensive et une posture plus visible sur la scène internationale, n'hésitant pas à « se frotter » à l'allié américain, notamment après l'accord nucléaire des États-Unis avec l'Iran. La crise frontale avec le Qatar, accusé de soutien au « terrorisme » et mis au ban par Riyad et plusieurs de ses alliés, démontre cette nouvelle politique. Diplômé de droit de la King Saud University, il est père de deux garçons et de deux filles, et n'est pas partisan de la polygamie en vigueur dans son pays.
En décembre 2015, Mohammad ben Salmane a tenu sa première conférence de presse pour annoncer la formation d'une « coalition islamique antiterroriste », impliquant 39 pays déterminés à combattre le jihadisme, alors qu'en Occident, l'Arabie saoudite a souvent été critiquée pour son « laxisme ». « Il a la réputation d'être agressif et ambitieux », déclare Bruce Riedel, ancien officier de la CIA qui dirige le Brookings Intelligence Project à Washington.
Il est devenu en 2009 conseiller spécial de son père qui était à l'époque gouverneur de Riyad, avant de diriger le cabinet princier en 2013 quand son père est devenu prince héritier. En avril 2014, Mohammad ben Salmane est devenu secrétaire d'État et membre du gouvernement, avant d'être nommé ministre de la Défense et chef du cabinet royal le 23 janvier 2015, jour où son père a succédé au roi Abdallah, mort à 90 ans.

Ian Geoffrey TIMBERLAKE/AFP

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