Six ans de prison, dont un avec sursis, ont été requis jeudi à l'encontre d'un faux agent secret qui comparaissait devant le tribunal correctionnel de Versailles pour avoir soutiré plusieurs millions d'euros à des personnes dont il avait gagné la confiance.
Le ministère public a également requis le maintien en détention de ce Libanais de 42 ans, une interdiction de gérer pendant dix ans et 30.000 euros d'amende à son encontre.
"La totalité des infractions" reprochées au "donneur d'ordre, organisateur et principal bénéficiaire du système" sont "parfaitement caractérisées", a appuyé le procureur Marc Bourragué. Le prévenu n'a "aucune excuse" et "ne semble pas avoir de réflexion approfondie sur son comportement" délictuel, a souligné le magistrat.
L'homme au casier judiciaire jusque là vierge est poursuivi notamment pour escroquerie, extorsion, abus de confiance et blanchiment en bande organisée ou encore pour falsification de chèque.
Il est accusé d'avoir, pendant une dizaine d'années et par une habile "mise en scène", fait accroire à son entourage et à des gérants de sociétés qu'il travaillait pour les services secrets et pouvait ainsi leur rendre des services en échange de remises de fonds, a relaté le procureur. L'argent était ensuite transféré, via ses compagnes ou ses hommes de paille, pour une part sur des comptes libanais opaques, servant pour l'autre à financer le train de vie dépensier de l'intéressé, installé près de Rambouillet (Yvelines).
Ce dernier a toujours nié les faits d'extorsion et de blanchiment et s'être fait passer pour un agent secret, criant à une "cabale" lancée contre lui par les victimes et ses co-prévenus.
"Dany Hadid est une matière gluante qui vous enferme et étouffe vos capacités de raisonnement", a estimé le magistrat, rejetant fermement la thèse du complot.
Quatre ans de prison, dont un avec sursis, ont été requis à l'encontre d'un des complices présumés de Dany Hadid, un ex-musicien de la fanfare de la gendarmerie mobile de Maisons-Alfort (Val-de-Marne), qui lui servait de chauffeur et de coursier.
Des peines allant d'un an de prison avec sursis à un an ferme ont été requises contre deux autres hommes de main et un expert-comptable, assorties d'interdictions temporaires de gérer ou d'exercer.
Tout au long du procès, ces coprévenus, qui comparaissaient libres, ont décrit l'état de "dépendance" psychologique et/ou financière que l'homme, "manipulateur" et "charismatique", avait su leur imposer.
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Escroquerie en bande organisée en France: 5 ans de prison ferme requis contre un faux agent secret libanais
AFP / le 15 juin 2017 à 13h52


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