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Économie - Politique Monétaire

Sans surprise, la Fed relève ses taux

La présidente de la Fed, Janet Yellen, a indiqué hier après l’annonce de la hausse des taux que la Fed pourrait commencer « assez vite » la réduction des actifs acquis après la crise financière pour doper la reprise. Yuri Gripas/Joshua Roberts/Reuters.

La Banque centrale des États-Unis (Fed) a donné hier un nouveau tour de vis monétaire en relevant ses taux d'intérêt face à la bonne santé de l'économie américaine, tout en ouvrant la voie à une prochaine réduction de son bilan. À l'issue d'une réunion de deux jours à Washington, son comité de politique monétaire (FOMC) a augmenté d'un quart de point la fourchette du taux interbancaire au jour le jour, qui évoluera désormais entre 1 % et 1,25 %.
Sans surprise, la Fed relève donc le coût du crédit aux États-Unis pour la quatrième fois depuis l'éclatement de la crise financière de 2008. Trois de ces hausses sont survenues depuis l'élection en novembre de Donald Trump dont l'agenda économique, encore flou, pâtit du climat politique tendu à Washington.
Dans son communiqué, le FOMC justifie sa décision en se félicitant que les créations d'emploi aient été « solides » depuis le début de l'année, malgré un récent tassement. Le taux de chômage aux États-Unis est tombé en mai à son plus bas niveau en 16 ans (4,3 %) en dépit de créations d'emploi décevantes ce mois-ci. La Fed note également que les dépenses des ménages, traditionnel moteur de la croissance américaine, ont « accéléré » et que l'investissement des entreprises, point noir de ces récentes années, semble « continuer de se développer. »

Prudence de la Fed
L'institution a d'ailleurs revu à la hausse hier sa prévision de croissance économique cette année, à 2,2 % contre 2,1 % attendus jusqu'à présent, indifférente à de récents indicateurs décevants. Sur le long terme, la Fed reste toutefois très mesurée en prédisant une décélération à 1,8 %, loin des 3 % annuels promis par l'administration Trump.
La présidente de la Banque centrale américaine, Janet Yellen, a également indiqué hier lors d'une conférence de presse après l'annonce de la hausse des taux que la Fed pourrait commencer « assez vite » la réduction des actifs acquis après la crise financière pour doper la reprise. « Nous pourrions entamer le processus relativement rapidement si l'économie évolue comme prévu », a-t-elle ajouté. Ce geste serait synonyme d'un resserrement supplémentaire de la politique monétaire.
Pour prévenir les marchés, la Fed a dressé un plan de diminution très progressive de ces actifs en commençant à revendre 4 500 milliards de dollars d'obligations et de bons du Trésor qu'elle a acquis pour soutenir la reprise dans le cadre de sa politique ultra-accommodante (QE).
Le plan prévoit de cesser de réinvestir le produit des titres arrivant à maturité au rythme faible de 6 milliards de dollars par mois, puis tous les trois mois pendant un an pour les bons du Trésor, et de 4 milliards mensuels pour les autres titres. Le montant maximum de désinvestissements atteindrait ensuite 20 milliards de dollars par mois. Prudente, la Fed ne se lancera toutefois dans cette opération risquée qu'à la condition que « l'économie évolue globalement comme prévu », assure son communiqué.
Conformément à sa mission, la Fed cherche à atteindre une stabilisation de la hausse des prix à la consommation à 2 % par un an, un objectif à sa portée, mais qui ne sera pas atteint « dans le court terme ». Dans son communiqué, la Fed, attentive et inquiète d'un nouveau ralentissement de l'inflation aux États-Unis, a revu à la baisse sa prévision cette année, à 1,6 % contre 1,9 % prévu il y a trois mois. Les chiffres publiés hier lui ont donné raison : les prix à la consommation (CPI) ont reculé en mai pour la deuxième fois en trois mois.
Mise sous pression par certains élus du Congrès qui veulent réduire son indépendance, la Fed n'est par ailleurs pas parvenue à afficher un front uni puisqu'un des 9 dirigeants du FOMC, Neel Kashkari, a voté contre la décision de relever les taux.
Source : AFP

La Banque centrale des États-Unis (Fed) a donné hier un nouveau tour de vis monétaire en relevant ses taux d'intérêt face à la bonne santé de l'économie américaine, tout en ouvrant la voie à une prochaine réduction de son bilan. À l'issue d'une réunion de deux jours à Washington, son comité de politique monétaire (FOMC) a augmenté d'un quart de point la fourchette du taux interbancaire au jour le jour, qui évoluera désormais entre 1 % et 1,25 %.Sans surprise, la Fed relève donc le coût du crédit aux États-Unis pour la quatrième fois depuis l'éclatement de la crise financière de 2008. Trois de ces hausses sont survenues depuis l'élection en novembre de Donald Trump dont l'agenda économique, encore flou, pâtit du climat politique tendu à Washington.Dans son communiqué, le FOMC justifie sa décision en se...
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