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Liban

La baisse des tarifs d’internet fait des sceptiques...

Conseil des ministres
S. N. | OLJ
08/06/2017

La principale décision du Conseil des ministres hier a été la réduction de 50 à 60 % du tarif d'internet haut débit (ADSL) et la fixation des prix relatifs aux services par fibre optique. Les nouveaux tarifs se présentent comme suit, selon le décret de tarification approuvé :

Pour les services ADSL, fournis par fibre en cuivre, un téléchargement mensuel de 40 gigabits à une vitesse de connexion « allant jusqu'à 4 mégabits par seconde (Mbps) selon les capacités techniques disponibles » doit coûter 24 000 livres libanaises par mois. Une consommation illimitée avec une vitesse « allant jusqu'à 2 Mbps selon les capacités techniques disponibles » est tarifée à 60 mille livres libanaises par mois, et à 90 mille livres libanaises pour une plus grande vitesse, à savoir « jusqu'à 4 Mbps selon les capacités techniques disponibles ».

Le décret prévoit en outre des tarifs allant de 30 000 à 70 000 livres libanaises par mois pour internet à vitesse ouverte « selon ce que permet la fibre en cuivre », à raison de 30 000 pour 50 Gb, 45 000 pour 100 Gb, 60 000 pour 150 Gb et 70 000 pour 200 Gb. Pour le HDSL (utilisé pour des transmissions sur une plus grande distance), le tarif est de 100 000 livres libanaises pour 100 Gb.

Pour ce qui est des services internet par fibre optique à une vitesse de 50 Mbps, le coût de l'abonnement mensuel serait de 75 000 livres libanaises pour 300 Gb, 100 000 pour 400 Gb, 120 0000 pour 500 Gb, 168 0000 pour 700 Gb, et 240 000 pour mille Gb.

Le ministre des Télécommunications, Jamal Jarrah, a tenu lui-même à « annoncer la bonne nouvelle aux Libanais », selon les termes du ministre de l'Information, Melhem Riachi, qui lui a cédé la parole. M. Jarrah a fait remarquer que le prix du E1 (2 Mbps vendus par l'État aux fournisseurs) est désormais facturé à 100 000 livres libanaises, alors qu'il était vendu à 240 dollars. Il s'ensuit « une baisse des coûts d'internet ADSL de 50 à 60 % ». Cette baisse a été rendue possible, selon lui, par « un déblocage des E1 que le ministère ne délivrait qu'au compte-gouttes ». Et le ministre de valoriser le rôle du Premier ministre Saad Hariri, qui « a plaidé en Conseil des ministres pour une baisse supplémentaire à celle proposée par le ministre des Télécoms : pour 4 Mb d'internet illimité, le ministère avait prévu un nouveau tarif de 120 000 livres libanaises par mois (comme cela avait été divulgué la veille, NDLR). Mais le Premier ministre a demandé de baisser ce tarif à 90 000 livres, ce qui a finalement été approuvé ».

 

(Lire aussi : Les tarifs d’internet devraient baisser de moitié aujourd’hui, en Conseil des ministres)

 

Monopole ?
Selon des sources ministérielles présentes à la réunion du cabinet, le point relatif à internet a fait l'objet d'un débat de près de deux heures, un débat « positif » cependant, pendant lequel les ministres se seraient montrés généralement réceptifs à l'idée d'une réduction des tarifs d'internet. Certains auraient suggéré toutefois une baisse moins drastique des tarifs, par souci de ne pas trop affecter les recettes de l'État.

D'autres, comme les ministres des Forces libanaises (FL), ont exprimé la crainte qu'une baisse du tarif pour les connexions par fibre en cuivre ne favorise les grandes entreprises de fournisseurs au détriment des petites et moyennes entreprises. C'est-à-dire qu'elle ne prélude à un monopole sur le marché de la distribution d'internet. Lors du débat, les ministres critiques ont fini par se faire à l'idée que les petits fournisseurs devront se coaliser pour faire contrepoids aux grandes sociétés. En outre, le rapport entre le tarif mensuel fixé et la vitesse de téléchargement reste imprécis, c'est-à-dire qu'il n'est pas clair si la baisse du premier augmenterait la seconde, confie un ministre. D'où la formule ambiguë, « une vitesse allant jusqu'à X Mbps selon les capacités techniques disponibles », récurrente dans le texte du décret.

Une seule objection a été retenue hier, portant sur l'article 6 du décret de tarification. Dans sa formule initiale, cet article donne à Ogero la compétence de proposer aux fournisseurs des package deals et de réajuster les tarifications. Suite au débat, le texte a été remanié de sorte à accorder au Conseil des ministres le dernier mot dans la révision des tarifs. Le scepticisme de certains ministres ne les a pas empêchés au final d'avaliser le décret, dont les avantages compenseraient les zones d'ombre, disent-ils.

Par ailleurs, l'autorisation donnée par le ministre des Télécoms à la société GDS (GlobalCom Data services) de relier les foyers à la fibre optique, en utilisant les infrastructures de l'État, n'est plus sujet à controverse, après les réassurances de Jamal Jarrah que GDS n'aura pas le monopole de cette concession. Selon une source ministérielle, d'autres sociétés auraient déjà sollicité une autorisation similaire, « mais aucune ne l'a obtenue pour l'instant »... Elles devront pour cela « obtenir une autorisation préalable du Conseil des ministres par décret ». Soit l'inverse de la procédure adoptée pour GDS.

Sur un autre plan, des points de l'ordre du jour ont été reportés au prochain Conseil. La demande présentée par le ministre de l'Agriculture Ghazi Zeaïter d'annuler le décret de désignation de Gloria Abi Zeid, directrice générale des Coopératives au ministère, n'a pu être tranchée « faute de temps ». La mutation de juges au tribunal jaafari, prévue à l'ordre du jour, a en outre été reportée à la demande du ministre de la Justice. Enfin, le ministre de l'Éducation, Marwan Hamadé, a déclaré que les indemnités des enseignants retraités seront versées avant le Fitr à partir des réserves budgétaires.

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Antoine Sabbagha

Vraie mascarade dans un pays ou rien ne fonctionne .

gaby sioufi

dire qu'on est sceptiques reste tres gentil !

M.E

La honte c'est la limite mensuelle soi-disant destinée à combattre les revendeurs de bande passante mais qui limite l'intérêt de toute offre de streaming qui ne serait pas dans l'intérêt des fournisseurs d'accès, Netflix par exemple

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