« Les effets négatifs de la réduction de la production de l’OPEP sur les pays exportateurs de pétrole l’emportent sur la modeste amélioration de la situation des pays importateurs de pétrole », estime la Banque mondiale. Archives Reuters.
La Banque mondiale (BM) a abaissé dimanche soir ses prévisions de croissance pour la zone MENA, sur fond de réduction de la production pétrolière, de politiques d'austérité dans certains pays et de persistance des conflits régionaux. La croissance devrait toutefois s'accélérer en 2018 pour atteindre 2,9 % dans l'hypothèse d'une atténuation des tensions géopolitiques et d'une hausse des cours pétroliers.
Le produit intérieur brut de la zone ne devrait progresser cette année que de 2,1 %, soit une nette dégradation par rapport à ses prévisions de janvier (3,1 %). « Les effets négatifs de la réduction de la production de l'OPEP sur les pays exportateurs de pétrole l'emportent sur la modeste amélioration de la situation des pays importateurs de pétrole », résume la BM dans son rapport semestriel.
Du côté des pays exportateurs de brut, les prévisions de croissance de l'Arabie saoudite ont été abaissées de 1 point de pourcentage par rapport à janvier – à +0,6 % – sous l'effet de la diminution de la production pétrolière. Locomotive des pays exportateurs, l'Iran voit pourtant aussi sa prévision rabaissée – à 4 % contre 5,2 % en janvier – , « la quantité limitée de capacités de production pétrolière disponibles et les problèmes d'accès aux financements entravant la croissance du pays ». Côté importateurs, la Banque mondiale a maintenu ses prévisions (établies en avril) pour le Liban (+2,5 % pour 2017) et revu très légèrement à la baisse celle de l'Égypte (de 4 à 3,9 %), principalement en raison de l'accélération de l'inflation et de mesures d'ajustement budgétaire.
Pour 2018, l'institution se montre plus optimiste, tablant sur une reprise à 2,9 %, « dans l'hypothèse d'une atténuation des tensions géopolitiques et d'une hausse des cours pétroliers ».
Prévisions mondiales maintenues
La BM a en revanche maintenu ses prévisions de croissance mondiale, à 2,7 % cette année et 2,9 % en 2018, malgré la menace de « restrictions sur le commerce » impulsées notamment des États-Unis. Ces derniers devraient voir leur croissance économique accélérer à 2,1 % cette année ; tandis que la BM revoit à la hausse ses prévisions pour la zone euro, à 1,7 % cette année (+0,2 point par rapport à janvier). Elle continue par ailleurs de tabler sur une légère décélération de croissance en Chine (à 6,5 %) et revoit légèrement à la baisse celle de l'Inde (à 7,2 %).
L'institution met cependant en garde contre des « risques substantiels » qui pèsent sur ses projections du fait notamment de la menace de mesures protectionnistes, de « l'incertitude persistante » entourant les négociations sur le Brexit, voire des « risques » de la normalisation monétaire entamée aux États-Unis.
« L'OLJ » avec AFP

