Qu'il nous semble sordide d'écrire ces mots-là, à toi qui aimais la vie sans vraiment le déclarer, fidèle à ta discrétion qui n'a jamais rimé avec cachotterie.
Le mensonge, tu ne connaissais pas. L'humour british, ta marque déposée, faisait de toi un être qui ne laissait personne indifférent : depuis tes amis connus sur les bancs de l'école en passant par ceux, triés sur le volet, que tu as choisis pour cheminer avec toi dans la vie, pour le meilleur et pour le pire, jusqu'aux femmes à qui tu faisais un brin de cour avec ton timbre grave qui se faisait caresse lorsque tu témoignais de ta tendresse... Les insultes que tu proférais étaient ta marque déposée. Jamais vulgaires. Tu avais l'art de dire crûment tout ce qui te passait par la tête sans jamais choquer.
À défaut de frères et sœurs que tu n'as pas eus, tu as fondé ta propre famille, atypique, formée de tes amis de toujours.
Loin d'être un vieux garçon bourru, tu étais l'amour et la sensibilité personnifiées pour ceux et celles à qui tu ouvrais ton cœur. Tu as été pour beaucoup un maître, une leçon de vie, de dignité et de courage.
Ta vie ne fut ni classique ni facile. Tu fuyais le monde perverti, et les superficialités te hérissaient. Tu restais cependant poli, même lorsque ton entourage n'était pas en adéquation avec ton être profond.
Tu n'étais finalement heureux qu'en compagnie de tes potes, aussi faussement misogynes et misanthropes que toi ! Ces frères choisis que tu chérissais par-dessus tout puisque tes coups de foudre étaient aussi et surtout amicaux !
Lorsque tu as appris que tu étais atteint de ce mal qui décime la planète et que les portes de l'avenir se fermaient injustement devant toi, tu t'es entouré de ceux avec lesquels tu voulais achever la brève promenade qui te restait dans ce bas monde. Ils se sont relayés auprès de toi comme des soldats. Fidèles au poste.
Maintenant que tu es parti cogner aux portes de l'Éternité, toi qui étais le liant de cette chaîne d'amour, tu laisses plus d'un orphelin sur Terre.
Ton départ a créé une béance difficile à combler. Parce que tu étais un monument à toi tout seul, Sami.
Et lorsque tu nous affirmais que tu irais bien, tu nous rassurais. Nous avions tant envie de croire en un miracle qui n'a pas eu lieu mais que tu as fait germer en nous pour toujours.
Tu n'es peut-être plus là physiquement, mais il suffit de regarder le Ciel pour te voir rire de notre chagrin et de nos pleurs...
Ce n'est qu'un au revoir, Samsoum.
Agenda - Hommage À Sami Jalkh
« Count me out » !
OLJ / Par Béa A., le 01 juin 2017 à 00h00


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