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Iran/Arabie : au département d'Etat, un silence qui en dit long

Lorsqu'un ambassadeur américain est interrogé par la presse sur la "démocratie en Arabie saoudite", le diplomate marque un très long moment de silence avant de botter en touche et de s'en prendre à... l'Iran.

Le président Donald Trump est rentré ce week-end de sa première tournée à l'étranger, débutée les 20 et 21 mai par une étape à Ryad qui s'est soldée par 380 milliards de dollars de contrats commerciaux, dont 110 milliards pour des ventes d'armes censées contrer les "menaces" de l'Iran, accusé de "soutenir le terrorisme".
Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a vanté mardi un voyage "historique", "incroyable", "exceptionnel".

Au département d'Etat aussi - un ministère des Affaires étrangères complètement sur la touche depuis quatre mois - un haut diplomate de carrière très respecté, Stuart Jones, a dû également faire l'article devant des journalistes à propos de la tournée du président Trump.

M. Jones fut ambassadeur en Jordanie, puis en Irak, sous l'administration du président Barack Obama et de son secrétaire d'Etat John Kerry, avant d'être bombardé en janvier, juste avant l'arrivée de M. Trump et de son secrétaire d'Etat Rex Tillerson, directeur intérimaire pour le Proche et le Moyen-Orient.

A ce titre, il a accompagné à Ryad MM. Trump et Tillerson qui se sont livrés, à la plus grande satisfaction de la monarchie saoudienne sunnite, à une charge contre le rival chiite iranien, le jour de la réélection du président modéré Hassan Rohani.

Visiblement mal à l'aise dans la salle de briefing du département d'Etat, M. Jones est interrogé par l'AFP sur la manière dont il "qualifier(ait) l'engagement de l'Arabie saoudite à l'égard de la démocratie". Le diplomate marque alors un très long silence de 20 secondes, a l'air presque pétrifié devant des dizaines de journalistes interloqués.

Il finit par ne pas répondre sur l'Arabie saoudite, réaffirmant plutôt qu'"une source de l'extrémisme et une menace terroriste émanent de l'Iran, de l'appareil d'Etat iranien qui ne répond pas du tout à son électorat".
La séquence a fait le tour des réseaux sociaux.

Shadi Hamid, expert à l'institut Brookings a tweeté sur "le plus long silence qu'(il a) jamais vu d'un responsable américain". Le blog de gauche Mother Jones a ironisé: "Parfois, au département d'Etat, le silence en dit long".

Mis à part quelques briefings ponctuels, le département d'Etat a abandonné depuis le 19 janvier son sacro-saint point de presse quotidien qui se tenait chaque jour depuis des décennies.

Lorsqu'un ambassadeur américain est interrogé par la presse sur la "démocratie en Arabie saoudite", le diplomate marque un très long moment de silence avant de botter en touche et de s'en prendre à... l'Iran.
Le président Donald Trump est rentré ce week-end de sa première tournée à l'étranger, débutée les 20 et 21 mai par une étape à Ryad qui s'est soldée par 380 milliards de dollars de contrats commerciaux, dont 110 milliards pour des ventes d'armes censées contrer les "menaces" de l'Iran, accusé de "soutenir le terrorisme".Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a vanté mardi un voyage "historique", "incroyable", "exceptionnel".
Au département d'Etat aussi - un ministère des Affaires étrangères complètement sur la touche depuis quatre mois - un haut diplomate de carrière très respecté, Stuart...