Liban

Le sommet de Riyad suscite des sentiments contradictoires

Réactions
OLJ
23/05/2017

Les déclarations hostiles à l'Iran et au Hezbollah qui ont émané du sommet américano-arabo-islamique, tenu dimanche à Riyad (Arabie saoudite), ont suscité hier des réactions tant positives que négatives, selon les parties politiques qui les ont exprimées.
Le ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan (Hezbollah), a ainsi estimé que « les Arabes ont décidé de ne pas bénéficier de l'éclat de la résistance et de la libération, au Liban et en Palestine », déplorant, lors d'un festival associatif à Chtaura, que les participants au sommet n'ont rien déclaré à propos de la Palestine, « une cause arabe qui intéresse la sécurité de la nation arabe ».
Abdel Magid Saleh, député du bloc parlementaire de Nabih Berry, a fustigé dans le même esprit « l'amalgame entre le terrorisme soutenu mondialement et les droits des peuples », prônant « la protection de la nation contre le risque terroriste accru qui défigure la pensée islamique, ainsi que le vivre-ensemble, le partenariat et le dialogue ».
Le cheikh Afif Naboulsi (proche du Hezbollah), a, pour sa part, adressé un message au guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans lequel il a estimé que « l'élection présidentielle iranienne constitue, dans cette conjoncture, une gifle à tous les ennemis de la République islamique d'Iran qui s'emploient à lui déclarer la guerre ».
À l'opposé, et dénonçant la dépendance de l'État à l'égard du Hezbollah, les Kataëb ont déploré « les circonstances dans lesquelles s'est déroulé le sommet de Riyad, notamment le fait que le président de la République, Michel Aoun, n'y a pas été convié, que la délégation officielle n'avait pas eu vent de la déclaration finale avant sa publication et que le nom du Liban ne figure pas dans les discours officiels ». Dans un communiqué publié à la suite de sa réunion hebdomadaire, le parti présidé par le député Samy Gemayel a estimé que ces faits constatés sont « des conséquences directes de la soumission du pouvoir politique à la logique des armes ». « Au lieu d'adopter la politique de distanciation et de se conformer au principe de souveraineté, l'État est l'otage d'un axe régional », ajoute le communiqué Kataëb, estimant que cette position « indique que le pays commence à sortir de la légalité internationale, avec ce que cela entraîne comme graves retombées sur la situation politico-économique ».

« Un exploit diplomatique historique »
Boutros Harb, député de Batroun, a lui aussi déploré la présence timide du Liban lors du sommet arabo-américain. « J'ai cherché le nom du Liban, mais je ne l'ai pas trouvé, et j'ai essayé de connaître la position du gouvernement, mais je ne l'ai pas trouvé non plus », a-t-il déploré sur son compte Twitter, avant d'ironiser en ces termes : « Que Dieu bénisse cet exploit diplomatique historique ! » Et de rendre hommage au souvenir d'anciens ministres des Affaires étrangères : « Que Dieu ait l'âme de Hamid Frangié, Charles Malek, Fouad Boutros et Philippe Takla ! »
Le Rassemblement de Saydet el-
Jabal a pour sa part exhorté le chef de l'État, Michel Aoun, le président de la Chambre, Nabih Berry, et le Premier ministre, Saad Hariri, à adopter « une position claire » à l'égard du sommet arabo-américain, estimant qu'« il est de notre devoir naturel et historique de nous tenir auprès de nos frères arabes, face à toute agression étrangère ». Le Rassemblement a, dans ce cadre, critiqué la non-condamnation par l'État de « l'ingérence militaire de l'Iran dans nombre de pays arabes », s'insurgeant en outre contre le Hezbollah, « principal acteur de la déstabilisation de la région, qui met les intérêts du pays en danger ».
Ammar Houry, député du courant du Futur, a relevé, dans un entretien à la chaîne al-Charq, que « le sommet arabo-américain a appelé l'Iran à s'intégrer à la communauté internationale », soulignant que ce pays « doit comprendre que l'exportation de la révolution et l'ingérence dans les affaires des autres États ne conduisent qu'à accroître les tensions avec tous ses voisins », avant de juger « inquiétant le fait que le Liban soit utilisé comme une plate-forme pour un règlement de comptes ».
Par ailleurs, M. Houry a mis en doute la teneur du tweet du ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, dans lequel il avait fait part, dimanche, de sa surprise quant à la publication de la déclaration finale du sommet arabo-américain, jugeant que « nul ne pouvait penser qu'un tel sommet n'allait pas être couronné d'une déclaration ».
Concernant le même tweet, le chef des Marada, Sleiman Frangié, a lancé sur son compte Twitter, en imitant le parlé égyptien, et en allusion à M. Bassil : « Un témoin qui n'a rien vu. »
Il convient sur un autre plan de signaler que Saad Hariri a été reçu hier à Riyad par le prince héritier en second, le prince Mohammad ben Salmane ben Abdel Aziz.

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