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Moyen Orient et Monde

Les FDS annoncent préparer l’assaut final contre Raqqa

Syrie

Plus de 1 200 civils et insurgés ont été évacués de deux quartiers de Damas.

OLJ
13/05/2017

Des combattants soutenus par les États-Unis en Syrie ont annoncé hier le lancement, probablement en juin, de l'assaut final contre Raqqa, principal fief du groupe jihadiste État islamique. L'annonce a été faite par les Forces démocratiques syriennes (FDS) qui, à la faveur d'une vaste offensive déclenchée en novembre 2016, ont réussi à chasser les jihadistes de plusieurs secteurs menant à la ville de Raqqa, située dans la province du même nom.
Leur dernière victoire a été la prise mercredi de Tabqa, une importante ligne de défense située à 55 km au sud-est de Raqqa, capitale de facto de l'EI dans le nord du pays ravagé par la guerre depuis 2011. « L'assaut contre Raqqa sera lancé en début d'été », a ainsi indiqué Rojda Felat, une commandante des FDS, une alliance composée de combattants kurdes et arabes soutenus par la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Présente à Tabqa, Mme Felat a ensuite précisé que l'assaut serait lancé probablement « en juin » et dépendrait « des circonstances et des tactiques militaires ». « Les campagnes militaires (contre l'EI) se poursuivront », a également assuré Kahraman Hassan, commandant adjoint des FDS, lors d'une conférence de presse.

Armes américaines
La conquête de Tabqa est intervenue au lendemain de l'annonce publique par les États-Unis de leur intention de fournir directement et pour la première fois des armes à la composante kurde des FDS, les Unités de protection du peuple kurde (YPG).
« Avec le début de l'assaut contre Raqqa (...), nous allons recevoir, comme ils nous l'ont promis, les armes et les véhicules blindés », a indiqué le commandant Hassan, en référence aux États-Unis. « Jusqu'à présent, ces armes ne nous sont pas parvenues. Nous pensons que nous allons les recevoir bientôt », a-t-il ajouté. Hier, une équipe de l'AFP a pu entrer à l'intérieur du barrage de Tabqa, le plus grand de Syrie, conquis en même temps que la ville et situé un peu plus au nord. Sacs de sable utilisés par les jihadistes lors des combats, véhicules détruits et grands trous laissés vraisemblablement par les frappes aériennes de la coalition y étaient visibles. Le cadavre d'un jihadiste présumé flottait sur les eaux du lac Assad, large réservoir artificiel sur l'Euphrate créé par le barrage.

« Préparez-vous »
Dans le centre-ville de Tabqa, de nombreux sacs de sable blancs avaient été également installés devant les magasins dont plusieurs ont été détruits. Dans la rue, des véhicules renversés témoignent de la violence de la bataille. Sur des poteaux, des inscriptions en caractère noir laissées par les jihadistes : « Sachez que le paradis est atteint grâce au combat » ou « Préparez-vous à les combattre avec toutes vos forces ».
Les habitants de Tabqa commencent à regagner leur ville, mais Shahhour Zouair, 46 ans, affirme que la situation reste difficile. Il y a deux mois, il avait fui avec ses six enfants et ses parents les combats qui faisaient rage autour de Tabqa. Il est revenu il y a deux jours après avoir entendu que la ville a été capturée par les FDS. « Les civils reviennent, mais il y a une pénurie d'eau, d'électricité, de pain et de produits alimentaires », dit-il, assis devant des sacs de sable.
Depuis le début de l'offensive, les FDS ont pu, avec le soutien aérien de la coalition et des conseillers militaires américains au sol, s'emparer ces derniers mois de larges zones dans la province de Raqqa et couper les principales voies autour de la ville éponyme. Au plus près, les FDS sont désormais positionnées à 8 km de la ville de Raqqa, aux mains de l'EI depuis 2014. L'annonce américaine de fournir des armes aux YPG a ulcéré la Turquie, alliée des États-Unis, qui considère cette milice comme un groupe « terroriste ».

Évacuations à Damas
Par ailleurs, plus de 1 200 civils et insurgés ont été évacués hier de deux quartiers de Damas, selon l'agence officielle SANA, rapprochant encore plus le régime syrien de son objectif d'éradiquer toute présence rebelle dans la capitale. Hier, 664 personnes, dont 103 combattants, ont ainsi quitté Barzé, quartier quasi totalement aux mains des rebelles dans le nord-est de Damas, a rapporté l'agence SANA. Ils se sont dirigés à bord de bus vers le Nord rebelle syrien. Une première évacuation de près d'un millier de personnes a eu lieu lundi à Barzé. L'opération doit se poursuivre sur plusieurs étapes jusqu'à « mettre fin à toute présence armée dans le quartier et le retour des institutions de l'État », indique SANA. Parallèlement, des centaines de rebelles et de civils ont quitté Techrine, quartier adjacent à Barzé.
Depuis des mois, des négociations étaient en cours pour parvenir à un accord d'évacuation sur trois quartiers rebelles de la capitale : Barzé, Techrine et Qaboun, tous situés dans le nord-est de Damas. Un accord a été annoncé dimanche pour Barzé, « tandis que celui de Techrine était tenu secret » jusqu'à l'annonce de l'évacuation hier, d'après Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Mais à Qaboun, les négociations se poursuivent pour que les rebelles acceptent un accord d'évacuation similaire. Depuis mercredi, les troupes du régime avancent dans ce quartier rebelle dont elles contrôlent désormais 60 % après plusieurs semaines d'offensive. D'après l'OSDH, l'avancée militaire vise à pousser les insurgés « à accepter un accord d'évacuation ». « Le régime veut soit les pousser à sortir, soit s'emparer du quartier », selon M. Abdel Rahmane. Une source militaire prorégime sur le terrain avait indiqué que les rebelles refusaient d'aller dans la province d'Idleb (Nord-Ouest) après leur évacuation, comme cela a été le cas pour la quasi-totalité des insurgés et civils évacués d'autres zones. Ils réclament d'après cette source de s'installer dans la Ghouta orientale, fief rebelle à l'est de Damas.
Outre Barzé, Qaboun et Techrine, les rebelles sont présents dans trois autres quartiers de la capitale syrienne : Jobar, Tadamoun et Yarmouk.

Source : AFP

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