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Moyen Orient et Monde - France / Présidentielle

Borloo « terrorisé » par les atermoiements des responsables à voter Macron

Mélenchon met en garde ses électeurs contre la « terrible erreur » que représenterait un vote en faveur du FN.

Le candidat centriste Emmanuel Macron escorté par l’avocat franco-israélien Arno Klarsfeld, hier, au mémorial de la Shoah. Philippe Wojazer/AFP

L'ex-président de l'UDI Jean-Louis Borloo s'est déclaré hier soir « terrorisé » par les atermoiements de responsables politiques de droite et de gauche à voter en faveur d'Emmanuel Macron contre Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle. « Oui, absolument, je pense que l'hypothèse d'une victoire du Front national, à la fois de Marine Le Pen et ensuite aux législatives, par l'effet mécanique de la Ve République, est parfaitement imaginable », a affirmé sur France 2 l'ancien ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, très apprécié des Français.
« Les Français sont complètement désemparés » et peuvent être tentés par « des solutions simples de type bouc émissaire "c'est la faute de l'autre, de l'Europe ou du monde" », a-t-il dit. « Je suis terrorisé quand j'entends des amis de la droite et du centre qui n'ont pas compris que le Front national, depuis le début, était leur adversaire (...) L'objectif du Front, c'est de liquider la droite et le centre ! Quand un adversaire vous le déclare comme ça et que vous restez muet, c'est le syndrome de Stockholm... » a accusé M. Borloo, en visant certains responsables LR qui refusent d'appeler à voter pour le candidat d'En Marche !. « Si la droite et le centre rêvent d'une cohabitation avec le futur président, a-t-il poursuivi, il faut qu'il y ait des candidats aux élections législatives. Imaginez Marine Le Pen gagnant (la présidentielle), leurs candidats seront balayés, donc c'est une faute absolument stratégique », à ses yeux. « Et puis, pour mes amis de gauche, enfin ! La campagne de Mélenchon, la fraternité, la paix, la lutte contre les discriminations ! Au moment de la mère des batailles (...) au moment où le risque est réel, on irait à la pêche ? » s'est-il indigné.
Ce centriste a reconnu qu'il jugeait « pas possible », il y a quelques semaines encore, que M. Macron réussisse son pari. « Mais, en réalité, il y a un tel besoin de renouvellement, la situation est tellement difficile... » a-t-il ajouté. « Emmanuel Macron, il est jeune – on ne va pas avoir peur de notre jeunesse quand même ! –, il est déterminé, il veut faire, il n'a pas de tabous », a lancé ce sexagénaire, enthousiaste, au sujet du candidat de 39 ans.

Geste envers les « insoumis »
Parallèlement, Jean-Luc Mélenchon a lui aussi mis en garde hier sur TF1 ses électeurs contre la « terrible erreur » que représenterait un vote en faveur du Front national, invitant aussi Emmanuel Macron à faire un geste envers les « Insoumis » en retirant son projet de réforme du code du travail. « Il n'y a pas d'ambiguïté dans ma position (...) Je ne voterai pas Front national, je combats le Front national. Et je dis à tous ceux qui m'écoutent : Ne faites pas la terrible erreur de mettre un bulletin de vote pour le Front national car vous pousseriez le pays à un embrasement général dont personne ne voit le bout », a déclaré le candidat de la France insoumise. Refusant de dire pour sa part s'il votera blanc ou pour Emmanuel Macron, M. Mélenchon a rappelé qu'aux régionales de 2015 déjà, il n'avait pas appelé au « front républicain ». Prenant ses distances avec le « front républicain », qui consiste à « donner des brevets de pompier à des pyromanes », il s'est justifié en disant qu'« en 2002, on pensait que c'est un accident », désormais « à toutes élections », « on nous tord le bras ». Allant jusqu'à se voir en futur chef d'une majorité de gauche, M. Mélenchon a donné un « conseil » au candidat d'En Marche !, favori d'après les sondages pour le second tour de la présidentielle face à la candidate FN. « Au lieu de m'insulter, au lieu de tordre le bras de mes amis et de les maltraiter, pourquoi par exemple ne ferait-il pas un geste ? Mme Le Pen essaye au moins de parler aux Insoumis », s'est-il interrogé.
« Lui, il pourrait faire un geste, il pourrait leur dire: Écoutez, je vous ai compris, je retire mon idée de réforme de code du travail (...) pour que vous puissiez faire un mouvement vers moi », a poursuivi M. Mélenchon, en référence à la volonté de M. Macron de réformer à nouveau le code du travail, par ordonnance, à l'été. « M. Macron, il faut faire quelque chose, vous ne pouvez pas vous contenter de venir et de dire : Je veux un vote d'adhésion. Non, nous n'adhérons pas à vos thèses. Il prend des risques en se comportant comme il le fait », a jugé M. Mélenchon.
« À mon avis, la France va se débarrasser de Marine Le Pen à cette élection, et nous, dans un mois, nous allons tous ensemble nous débarrasser de la politique de M. Macron » à l'occasion des législatives, a conclu l'eurodéputé.

Lutte sur le terrain
En attendant le second tour du 7 mai, la campagne des deux candidats se poursuivait hier. Face à un Emmanuel Macron déterminé à placer le débat présidentiel sur le terrain des « valeurs » et de la lutte contre les « extrêmes », Marine Le Pen a contre-attaqué hier avec une visite éclair sur le thème de l'écologie.
Après un hommage aux victimes du village martyr d'Oradour-sur-Glane vendredi, le candidat d'En Marche ! s'est rendu en fin d'après-midi hier au mémorial de la Shoah puis au mémorial des Martyrs de la déportation, à une semaine du second tour. La candidate FN a pour sa part rendu hier matin à Marseille un hommage discret aux victimes de la déportation, en déposant une gerbe devant une stèle commémorant l'arrestation de trente enfants juifs et de leurs mères par la Gestapo en 1943. Comme à Amiens, où elle avait brièvement rencontré des salariés de Whirlpool mercredi, Mme Le Pen a effectué hier une visite surprise sur le site de l'usine Altéo de Gardanne (Bouches-du-Rhône), connue pour la pollution liée au rejet de « boues rouges ». L'occasion pour la candidate FN, soucieuse d'attirer à elle les suffrages des Insoumis de Jean-Luc Mélenchon, de défendre sa vision d'une « planification écologique » orchestrée par un « État stratège » s'appuyant sur un « ministre de la Santé et de l'Environnement ».

Source : AFP

L'ex-président de l'UDI Jean-Louis Borloo s'est déclaré hier soir « terrorisé » par les atermoiements de responsables politiques de droite et de gauche à voter en faveur d'Emmanuel Macron contre Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle. « Oui, absolument, je pense que l'hypothèse d'une victoire du Front national, à la fois de Marine Le Pen et ensuite aux législatives, par l'effet mécanique de la Ve République, est parfaitement imaginable », a affirmé sur France 2 l'ancien ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, très apprécié des Français.« Les Français sont complètement désemparés » et peuvent être tentés par « des solutions simples de type bouc émissaire "c'est la faute de l'autre, de l'Europe ou du monde" », a-t-il dit. « Je suis terrorisé quand j'entends des amis de...
commentaires (1)

"L'hypothèse d'une victoire du Front national, à la fois de Marine Le Pen et ensuite aux législatives, (...) est parfaitement imaginable ». Et alors? Il n'y a a pas de quoi être "terrorisé"! Franchement, est-ce que la présidence de Marine le Pen pourrait être plus catastrophique pour la France que n'a été celle du tandem Hollande-Macron? Difficile!

Yves Prevost

07 h 08, le 01 mai 2017

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Commentaires (1)

  • "L'hypothèse d'une victoire du Front national, à la fois de Marine Le Pen et ensuite aux législatives, (...) est parfaitement imaginable ». Et alors? Il n'y a a pas de quoi être "terrorisé"! Franchement, est-ce que la présidence de Marine le Pen pourrait être plus catastrophique pour la France que n'a été celle du tandem Hollande-Macron? Difficile!

    Yves Prevost

    07 h 08, le 01 mai 2017

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