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Mode

Élisabeth II, une garde-robe qui parle au monde

Palette de couleurs vives.

Il y a cinq jours, le 21 avril, la reine Élisabeth II fêtait son 91e anniversaire. Son long règne aura assuré au Royaume-Uni une stabilité qu'aucun changement n'a pu ébranler. Sa Majesté est la colonne vertébrale de l'Angleterre, et pour mieux soutenir son royaume, il lui faut elle-même obéir à tout un cérémonial extrêmement codifié. De même que son ancêtre Élisabeth Première faisait intégrer dans ses robes et ajouter à ses nombreux portraits les symboles de sa puissance, Élisabeth II met le plus grand soin à faire de ses tenues un dialogue visuel avec ses sujets. Depuis son investiture au trône en 1951, rien dans son vestiaire n'est laissé au hasard.

Glamour, mais pas sexy
Si, au début des années 50, Sa Majesté est encore séduite par le new-look de Dior, taille de guêpe et épaules arrondies, il lui faut très vite abandonner cette mode à la française pour favoriser les couturier britanniques. Elle retient donc à ses côtés sir Norman Hartnel, le couturier de Queen Mom, sa mère. C'est Hartnel qui signe sa robe de mariée, inspirée du Printemps de Botticelli et accompagnée d'escarpins Roger Vivier, ainsi que la robe de son couronnement.

À Hartnel, durant la première période de son règne, la reine doit un style glamour, inspiré de la mode hollywoodienne. Le fourreau est souvent présent avec sa ligne affûtée et rigide, mais sans son côté sexy. Le décolleté s'ouvre ainsi sur une bande de tissu contrastée. Le couturier Hardy Amies qui connaît son grand moment au milieu des 50's prend le relai de Hartnel pour réaliser la garde-robe de la reine lors de sa longue tournée dans le Commonwealth en 1954. Celui-ci comprend parfaitement ses attentes et l'habille avec luxe et sobriété, soulignant la reprise économique et la prospérité que la souveraine se doit d'incarner après les longues années d'austérité de la guerre. Amies habillera la reine jusqu'à sa propre disparition en 2003.

Dans les années 60, jeune maman, la reine Élisabeth renonce aux silhouettes cintrées. Son ourlet remonte petit à petit, les couleurs vives font leur entrée dans sa garde-robe, malgré son amour des imprimés floraux, ainsi que les chapeaux, de plus en plus voyants. La souveraine ne peut pas s'habiller en beige, elle qui est photographiée à tout instant et doit être distinguée au milieu d'une foule. En 1970, elle cédera même à la très britannique minijupe instituée par Mary Quant, mais l'ourlet ne découvrira jamais le genou royal.

Souliers culottés
Entre autres stylistes, couturiers et fournisseurs se distingueront par la suite Stewart Parvin et Angela Kelly, qui reste son habilleuse personnelle.
Stewart Parvin laisse filtrer quelques secrets inoffensifs sur la nature physique de la reine. Ainsi, elle aurait la chance de ne pas transpirer, la température de son corps étant relativement froide. Si elle porte toujours des robes, c'est pour ne pas avoir à s'ajuster chaque fois qu'elle se lève ou sort d'un véhicule. Les tissus dont on fait ses vêtements sont toujours infroissables, et puis la reine a un petit défaut : elle a une épaule plus haute que l'autre, mais des épaulettes astucieusement étudiées y remédient discrètement. Ses chaussures, bien que réalisées par Anello & Davide et qu'elles nécessitent six mois de travail, sont portées et assouplies par une assistante avant que la reine ne se hasarde à les enfiler pour un événement. Ses sacs sont réalisés par Launer London. Mais l'attitude est d'elle, et c'est ce qui fait toute la différence.

 

 

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