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Moyen Orient et Monde

Netanyahu veut interdire la commémoration de la Naqba en Israël

Décryptage

Habitués à raviver leur droit au retour par une marche annuelle, les Arabes israéliens se voient refuser pour la première fois la tenue de leur manifestation par la police israélienne.

24/04/2017

Brandissant drapeaux palestiniens et clés, en référence aux maisons qu'ont laissées derrière eux plus de 750 000 Palestiniens suite à la guerre israélo-palestinienne de 1948, des milliers d'Arabes israéliens effectuent une marche du retour chaque année, depuis 1998. Ces manifestations font subsister deux grands enjeux pour le peuple palestinien : alimenter le souvenir de la Naqba (« catastrophe » en arabe), préambule brutal d'une histoire chaotique de la Palestine moderne et ne pas laisser dépérir un droit au retour des réfugiés et déplacés palestiniens et de leurs descendants, atrophié dès l'origine.

Devant guider Palestiniens et Arabes israéliens (ceux qui n'ont pas subi l'exode de 1948-1949) vers al-Kabri, l'un des 530 villages rayés de la carte après 1948, la commémoration de la Naqba est étrangement entravée par la police israélienne depuis fin mars. Pour la première fois, les forces de police refusent d'octroyer le permis nécessaire au déroulement de cette manifestation, fixée au 2 mai 2017. Assurant en parallèle le bon déroulement des célébrations de la journée de l'Indépendance d'Israël, également le 2 mai selon le calendrier hébreu, elles prétextent un manque de moyens de sécurité disponibles pour superviser la marche du retour. Une véritable volte-face pour les Arabes israéliens puisque l'itinéraire de la marche avait été approuvé quelques semaines auparavant. Refusant l'arbitraire de la décision, les organisateurs de la marche, regroupés autour de l'Association pour la défense des droits des déplacés internes (Adrid), mettent tout en œuvre pour que l'événement ait lieu coûte que coûte.

(Pour mémoire : « Les Juifs ont pris nos terres. Pour compenser, nous cultivons sur nos toits »)



Des négociations « conduites par les organisateurs de la marche se déroulent actuellement avec les hauts responsables de la police et de la sécurité dans la région », explique Ilan Pappe, historien israélien participant à l'organisation de la marche. La date butoir approche et les parties impliquées ne sont toujours pas parvenues à un compromis définitif. Afin que les négociations se déroulent au mieux, une organisation luttant pour les droits humains en Israël et qui suit de près les négociations n'a pas souhaité répondre aux questions de L'Orient-Le Jour. « Nous attendons que les organisateurs et la police parviennent à une solution, d'une manière ou d'une autre », a commenté un membre de cette organisation qui souhaite rester anonyme. La situation est inévitablement tendue tant les enjeux politiques pour les Palestiniens et Arabes israéliens, et pour les commémorations futures de la Naqba sont colossaux.

La jeunesse en ligne de mire

Plus qu'une question sécuritaire, l'ombre d'une décision politique provenant du gouvernement d'extrême droite de Benjamin Netanyahu semble planer sur cette décision inédite, selon les leaders palestiniens en Israël, relatait al-Jazira le 10 avril. Le gouvernement israélien n'en est pas à sa première invective contre les commémorations de la Naqba et le droit au retour, inscrits dans la résolution 194 des Nations unies du 11 décembre 1948, mais tués dans l'œuf en 1948 suite aux destructions des habitations palestiniennes. En 2011, l'amendement de la loi sur les fonds budgétaires – dite loi « Naqba » – a été une première offensive contre les associations participant à la marche du retour. Il met fin au soutien financier des « activités qui rejettent l'existence d'Israël en tant qu'État juif et démocratique, et qui commémorent (...) le jour de la création de l'État comme un jour de deuil ». « Le gouvernement israélien actuel voit la commémoration de la Naqba comme une activité terroriste portant atteinte à l'État juif », souligne Ilan Pappe.

(Lire aussi : Des milliers d'Arabes israéliens se souviennent de la "Nakba")



En coupant les vivres aux activités propalestiniennes en Israël, le gouvernement israélien tente de mettre un frein à la forte mobilisation des Arabes israéliens et notamment des jeunes générations, conscientes de l'enjeu mémoriel. S'opposer à la manifestation semble donc être un moyen, en filigrane, de décourager les jeunes générations à la mobilisation et de les couper de leurs racines ancestrales. Clé de voûte de l'avenir de la mémoire collective encore vive de la Naqba, les jeunes sont la cible idéale pour le gouvernement israélien. Bloquer la marche reste une stratégie « risquée pour le gouvernement », souligne Ilan Pappe. Brider les jeunes descendants de Palestiniens n'est-il pas le meilleur moyen d'ouvrir la porte à une confrontation plus directe entre Palestiniens et Israéliens ?

 

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Irene Said

Voilà le petit HITLER d'Israël qui trouve une nouvelle combine pour embêter les Palestiniens !
Et après cela il s'étonne que ces mêmes Palestiniens se révoltent...et ainsi il aura de nouveaux prétextes pour reprimer ce malheureux peuple...
Ainsi le cycle des violences continue sous le regard amorphe de la communauté internationale...qui s'en fout royalement !
Irène Saïd

Ma Fi Metlo

Personne au monde n'interdira à ce criminel usurpateur de continuer à faire du mal ?

FAKHOURI

Il ne sait pas quoi inventer pour empoisonner l'existence des palestiniens
Tant qu'il sera au pouvoir il n'y aura pas de paix avec les palestiniens

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