Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a souligné vendredi à l'issue d'un Conseil de défense réuni autour de François Hollande à l'Elysée que "rien ne doit entraver (le) moment démocratique" de la présidentielle avant d'en appeler à "l'unité" du pays, sans toutefois annoncer de nouvelles mesures de sécurité.
"Rien ne doit entraver ce moment démocratique fondamental pour notre pays", a déclaré solennellement le chef du gouvernement sur le perron de l'Elysée à l'issue de cette réunion qui s'est prolongée pendant près de trois quarts d'heure.
Y participaient, outre les deux têtes de l'Etat, les quatre ministres régaliens (Intérieur, Justice, Défense et Affaires étrangères), ainsi que les patrons des services de sécurité, de renseignement et de l'armée, soit une quinzaine de personnes.
"A la veille d'un rendez-vous majeur, j'en appelle bien entendu à l'esprit de responsabilité et à la dignité de chacun", a poursuivi Bernard Cazeneuve à l'adresse des candidats à la présidentielle. "Il nous appartient de ne pas céder à la peur, à l'intimidation, à la manipulation qui feraient le jeu des ennemis de la République", a-t-il insisté au lendemain de l'attentat qui a tué un policier sur les Champs-Elysée à Paris.
"Il nous appartient aussi de ne jamais céder à la division, et encore moins à l'outrance; c'est l'obscurantisme et l'intolérance qui doivent être combattus, et c'est bien l'unité qui plus que jamais doit prévaloir", a-t-il enchaîné.
Indiquant que ce Conseil de défense avait été "l'occasion de faire un point précis sur le dispositif de sécurité mis en en oeuvre dans la perspective des échéances électorales", le Premier ministre a rappelé qu'au "cours des prochains jours, plus de 50.000 policiers et gendarmes seront mobilisés".
A ceux-ci s'ajouteront les 7.000 militaires déployés dans le cadre de l'opération Sentinelle, des unités spécialisées d'intervention "placées en état d'alerte" et les services de renseignement notamment, a-t-il détaillé.
Saluant "le haut niveau de professionnalisme de la police", il a également souligné que les "pensées" du gouvernement allaient "d'abord aux familles et aux proches des victimes" auxquels il a exprimé "la tristesse et la compassion de la nation toute entière".
"La barbarie et la lâcheté ont frappé Paris hier soir comme elles ont récemment frappé en Europe, à Berlin, à Stockholm, à Londres", a-t-il ajouté, relevant ainsi que "l'Europe entière fait face à une menace terroriste inédite", étant "visée parce qu'elle incarne les valeurs et les idéaux de la paix".
"Je veux, comme l'a fait le président Hollande, rendre un hommage solennel au dévouement et au professionnalisme des policiers, gendarmes, militaires qui chaque jour exposent leur vie sur le territoire national comme à l'étranger", a martelé Bernard Cazeneuve.
Un policier a été tué dans l'attentat perpétré jeudi vers 21H00 sur les Champs-Elysée et deux autres ont été blessés dont l'un grièvement. Une touriste a été plus "légèrement" touchée par balle, tandis que l'assaillant a été abattu par la police au cours de cette attaque revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique.


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