M. Khatib préside la réunion du Haut Conseil des carrières, à un moment où l’affaire des carrières illégales explose. Photo ANI
Khatib : Le président est indigné par les carrières illégales
Alors que le Haut Conseil des carrières s'est réuni hier sous la présidence du ministre de l'Environnement Tarek Khatib, ce dernier a décidé de soulever le problème des carrières illégales... qui, bizarrement, ne figurait pas à l'ordre du jour. M. Khatib a informé les ministres présents de sa tournée à Kfarmatta (Aley), où les carrières illégales ont récemment fait parler d'elles. Le ministre a estimé que sa tournée a donné ses fruits, puisque le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a donné l'ordre de fermer les sites illégaux.
M. Khatib a estimé que « personne ne devrait couvrir ces crimes contre l'environnement » et que « la loi devrait être appliquée sans exception ». Il a communiqué aux présents « l'indignation du président de la République à l'encontre des images, qu'il découvre dans les médias, de carrières fonctionnant sans aucun respect de la loi, et son insistance pour que tout abus soit pénalisé ». À la fin de la réunion, le conseil a décidé de confier à M. Khatib la tâche de soulever le sujet des carrières illégales en Conseil des ministres afin de plaider pour une fermeture de ces sites illégaux et de modifier le plan directeur des carrières en vue de son application.
Sit-in à Aïn Dara suite à l'agression contre Steven Haddad
Les habitants et la municipalité de Aïn Dara, auxquels se sont joints des représentants de plusieurs partis, ont effectué hier un sit-in au village et sur la route principale de Dahr el-Baïdar afin de dénoncer l'agression perpétrée mardi soir contre un élu local, Steven Haddad. Celui-ci avait été sévèrement battu par quatre hommes à Dahr el-Baïdar alors qu'il rentrait chez lui, et reste hospitalisé avec plusieurs blessures à la tête.
Dans un communiqué, la municipalité de Aïn Dara a appelé les présidents de la République, du Parlement et du Conseil des ministres à intervenir sans délai pour « mettre un terme aux agissements de Pierre Fattouche (NDLR : l'homme d'affaires qui a un projet de mégacimenterie controversée à Aïn Dara) qui vont à l'encontre de toutes les lois, les us et les coutumes ».
La municipalité a demandé « aux forces de l'ordre de retirer les hommes armés de Fattouche des montagnes de Aïn Dara afin de protéger les habitants ». Répondant au communiqué publié mercredi par le bureau de M. Fattouche dans lequel celui-ci nie toute responsabilité et dénonce l'agression, la municipalité a estimé « que ce texte ne reflète que les méthodes de celui qui l'a publié, et qui n'accorde aucune importance à l'opinion publique ».
Steven Haddad a reçu hier à l'hôpital la visite du président du Courant patriotique libre, Gebran Bassil. L'ancien ministre Achraf Rifi a pour sa part exprimé sa solidarité avec la victime « contre le comportement mafieux et les crimes contre l'environnement ». L'agression a également été condamnée hier, dans un communiqué, par le Parti démocratique libanais de Talal Arslane.
Report du jugement sur la décharge de Bourj Hammoud
Le juge des référés à Jdeidé, Ralph Karkabi, a ajourné au 18 mai l'examen du dossier de la décharge de Bourj Hammoud. Une plainte avait été déposée par deux avocats de la société civile en vue de réclamer la fermeture de la décharge en raison de dégâts environnementaux sur le littoral. Selon le texte du report, le juge a ajourné le jugement en raison de contradictions entre les rapports des experts qu'il avait chargés d'inspecter le travail sur le terrain. La LBCI rapporte que deux de ces experts ont relevé de nombreuses infractions dans le travail effectué sur place, qui menacent clairement l'environnement, alors qu'une troisième experte aurait présenté un rapport beaucoup plus positif sur l'activité de l'entrepreneur. Voilà pourquoi le juge a réclamé un nouveau rapport d'expert qui ferait le point sur la situation. Enfin, il a demandé aux plaignants de ne plus faire de déclarations sur le déroulement du travail à la décharge dans les médias. L'un des plaignants, l'avocat Hassan Bazzi, a souligné dans un message à la presse que ceux-ci ne sont concernés que par les décisions du bâtonnier de Beyrouth qui leur donne le droit aux déclarations tant que l'affaire soulevée porte sur l'intérêt public.


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