Des enfants, déplacés de la ville de Deraa dans un camp pour réfugiés en territoire syrien, jouent au foot pour oublier leur triste condition. Ala’ el-Faqir/Reuters
Des milliers de Syriens évacués de villes assiégées sont bloqués depuis 24 heures, dans des bus, à la périphérie d'Alep. Pour ces quelque 3 300 personnes, l'attente est longue dans la soixantaine de bus qui sont à l'arrêt dans deux zones de transit distinctes. Quelque 300 personnes avaient quitté mercredi Zabadani, Serghaya et Jabal Charqi, localités rebelles assiégées par le régime dans la province de Damas, et 3 000 autres avaient été évacuées de Foua et de Kfarya (Nord-Ouest), villes loyalistes assiégées par les insurgés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Les personnes évacuées attendent dans une grande cour, sous haute sécurité, entourées de rebelles armés, cinq jours après un attentat particulièrement sanglant qui avait visé une première opération d'évacuation. Aucune voiture n'était autorisée à s'approcher des bus, excepté un véhicule du Croissant-Rouge qui distribuait de l'aide. Rebelles et combattants loyalistes bavardaient ensemble...
L'opération d'évacuation a commencé vendredi dernier, après un accord conclu entre le régime de Bachar el-Assad et les rebelles, qui prévoit parallèlement, selon
l'OSDH, la libération de 1 500 détenus dans les prisons du régime. « Le départ des bus est conditionné à la libération de prisonniers dans les geôles du régime », selon l'OSDH. Ils « ne bougeront pas avant la libération de 750 prisonniers et leur arrivée dans des secteurs rebelles ».
Déguisés en humanitaires
Revenant sur l'attentat sanglant perpétré samedi dernier, avec un véhicule piégé, devant des bus sortis de Foua et de Kfarya, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a affirmé hier que les auteurs du carnage étaient déguisés en humanitaires. L'attentat a fait au moins 126 morts, dont 68 enfants, selon
l'OSDH. Le régime a accusé les rebelles, qui ont démenti. L'attaque n'a pas été revendiquée.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, sera par ailleurs lundi à Genève pour discuter du conflit syrien avec l'ONU.
Sur le terrain, l'armée syrienne est entrée hier dans la ville de Taybet el-Imam, dans la province de Hama. L'information, fournie par l'armée et les forces rebelles, confirme l'avancée des troupes gouvernementales le long de l'axe routier reliant Damas à Alep. La prise de Taybet el-Imam a été rendue possible grâce à un soutien aérien massif de la Russie, dit-on de mêmes sources. En outre, un conseiller militaire russe, le commandant Sergueï Bordov, a été tué lors d'une attaque des forces rebelles contre une base militaire du régime, a annoncé hier le ministère russe de la Défense, cité par l'agence Interfax.
Source : agences

