Les belles promesses, ils n'y croient plus, les enseignants. Voilà des années qu'on leur promet monts et merveilles. Qu'on leur fait miroiter un réajustement de salaire et d'échelon, pour une qualité de vie meilleure, pour une retraite plus digne. Et puis on se rétracte au final. En prétextant qu'on n'en a pas les moyens. On reporte alors sine die les revendications enseignantes. On les enferme à double tour dans un tiroir, histoire de les oublier quelques bonnes années.
Cinq ans que les enseignants alternent mobilisations et expectatives. On vient de leur annoncer que l'échelle des salaires ne figurera pas dans le budget 2017, ce qu'ils savaient déjà ; mais qu'elle sera inscrite à l'ordre du jour de la séance parlementaire du 15 mai. On se demande comment, vu que la classe politique dans son ensemble n'en finit pas de s'étriper sur le code électoral « idéal ».
« Parole, parole », est-on tenté de dire ! Mais attendons de voir.
L'annonce de nouvelles impositions liées à l'échelle des salaires n'a pas rendu les revendications enseignantes plus populaires. Bien au contraire. Est révolu le temps où la population descendait dans la rue, main dans la main avec les professeurs, rien que par solidarité. Pour dénoncer les salaires désespérément bas, les difficiles conditions de travail, le cumul des emplois pour joindre les deux bouts, les retraites ridicules, la loi bafouée jusqu'à l'exploitation... Pour saluer surtout ces éducateurs des générations futures, passionnés par leur mission.
Mais depuis que l'on fait mine de toucher à son portefeuille, car il faut bien financer les 800 millions de dollars nécessaires, le citoyen se fait parcimonieux. Au point de douter du bien-fondé de la cause, de la discréditer même.
Impopulaire désormais, la cause des enseignants souffre d'une autre tare. D'être impérativement liée à la grille des salaires de la fonction publique dans son ensemble, fonctionnaires, forces de l'ordre et gardes du corps compris. Un cadeau empoisonné de l'ancien ministre des Finances, Mohammad Safadi, qui promettait en 2012 que les revendications enseignantes pouvaient ainsi mieux aboutir. Noyées dans la nuée de surnuméraires inutiles, dans cette horde de fonctionnaires payés pour ne rien faire, protégés par tel politicard ou tel autre, les revendications enseignantes sont plus que jamais prises en otages.
Faut-il rappeler qu'un enseignant détenteur d'une licence démarre sa carrière avec le modique salaire d'un million de livres libanaises ? Et que la profession est désertée de ses bons éléments, à de rares exceptions près, car elle ne permet pas de vivre décemment ?
Le citoyen grognon, c'est aussi vous. Si vous avez été victime ou témoin de corruption, si vos droits ont été bafoués, racontez-nous votre expérience.
annemariehage@lorientlejour.com


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C'est une honte...ca suffit ..basta,,,,
16 h 52, le 20 avril 2017