Membre du conseil exécutif du Hezbollah, le cheikh Hassan Qaouk a affirmé hier que son parti « a les yeux rivés sur le processus emprunté par les élections, car ce processus va de mal en pire, et la crise qui l'entoure se complique de plus en plus, d'autant que certaines parties continuent de s'adonner à des manœuvres et de prendre des risques sans se soucier de l'avenir du pays ». Exposant par ailleurs la position du parti chiite, il a ajouté : « Quant à nous, nous avons à cœur de sauver ce pays qui se dirige vers de véritables dangers dans le cas où les Libanais se montrent incapables de tomber d'accord sur une nouvelle loi électorale. Les prochains jours sont véritablement la seule et dernière chance que nous avons de parvenir à un accord. » Hassan Qaouk a également saisi cette occasion pour souligner la solidité de la relation qui lie le Hezbollah à ses alliés : « Nous réaffirmons à l'ensemble des forces que notre relation avec nos alliés, plus particulièrement avec le mouvement Amal et le Courant patriotique libre, est stable, solide et n'est pas de nature à être ébranlée par un débat sur la loi électorale. Et ceux qui parient sur une dissension entre le Hezbollah et ses alliés ne seront que déçus. »
Reprenant la même rhétorique, le député Hassan Fadlallah a estimé que la semaine qui s'amorce est « charnière » en matière de loi électorale. Il a confié que des contacts intensifs sont engagés entre les différentes parties. Et d'ajouter : « Si nous franchissons le cap de cette semaine, qui est déterminante en termes de délais constitutionnels, sans qu'une loi électorale ne soit votée, alors il est probable que nous soyons en train de nous diriger vers le vide, et ceci n'est absolument pas dans l'intérêt du Liban, car cela nous mènera à la déliquescence de tous les pouvoirs. »
« Nous allons présenter notre point de vue sur la loi électorale demain (aujourd'hui) en Conseil des ministres et nous ne sommes pas attachés à une formule précise pour ce qui est du partage des circonscriptions. Toutefois, nous tenons à la proportionnelle intégrale. Mais nous donnerons notre aval à toute formule qui sera approuvée en Conseil des ministres », a-t-il affirmé. Pour lui, le seul moyen de parvenir à un accord est de se fonder sur « l'entente et le consensus », car « la structure du pays l'impose ». « Aucune partie ne peut imposer de loi électorale à une autre. Il appartient à l'ensemble des composantes politiques de trouver un accord. Nous n'avons jamais traité avec les autres en nous fondant sur notre supériorité numérique, notamment lorsqu'il est question de dossiers fondamentaux ayant trait au pouvoir et à son exercice. Nous nous appuyons toujours dans les négociations sur l'entente et le consensus », a ainsi expliqué M. Fadlallah.
Quant à Nawwar Sahili, il a aussi mis en garde dans son discours contre « le vide destructeur ». « Aucun sage, aucun responsable n'a intérêt à faire en sorte que ce vide devienne réalité », a-t-il noté, appelant les différentes parties à mettre un terme aux manœuvres et à s'atteler à l'étude d'une loi électorale fondée sur la proportionnelle. M. Sahili a indiqué qu'il convient également pour les différentes composantes du pouvoir de s'accorder sur le partage des circonscriptions. « Les effets du vide gagneront toutes les institutions, sans exception aucune », a-t-il dit.
Liban
Pour le Hezbollah, cette semaine est « charnière », sinon place au « vide destructeur »
En dépit du bras de fer autour de la loi électorale, le parti de Hassan Nasrallah prône l'entente.
OLJ / le 10 avril 2017 à 00h00

