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Liban

Bassil : Nous attendons la réponse du Hezbollah

Échéance

Le ministre des AE estime que la nouvelle loi électorale verra le jour pendant la semaine sainte.

03/04/2017

On croyait Gebran Bassil entièrement pris par les soucis de la communauté libanaise en Australie et par la meilleure façon de la pousser à renforcer ses liens avec le pays d'origine. En fait, il n'a pas cessé d'avoir en tête le projet de loi électorale et les développements politiques.
« Je refuse que l'on parle d'une proposition de loi électorale Bassil. C'est une proposition du CPL, qui en a déjà fait quatre autres. La dernière en date que j'ai soumise au débat continue d'être discutée par les différentes parties, et nous attendons la réponse du Hezbollah. Personne ne peut enterrer une loi électorale pour notre pays parce que personne ne peut tuer le Liban. » C'est ainsi que le ministre des Affaires étrangères s'est exprimé hier lors d'une conférence de presse à Melbourne, estimant que la nouvelle loi devrait voir le jour pendant la semaine sainte, qui « se termine par une résurrection », a-t-il rappelé en souriant.
Dès samedi soir, le ministre avait disparu pendant près de deux heures. Certains pensaient qu'il faisait du sport, une activité à laquelle il se consacre quotidiennement. En réalité, il était au téléphone avec le Liban pendant plus d'une heure et demie avec des interlocuteurs différents, allant du Hezbollah aux Forces libanaises. Parce que, pour lui, il reste « impératif » d'obtenir l'adoption d'une loi qui soit conforme à la ligne du nouveau régime, notamment en ce qui concerne l'amélioration des droits des chrétiens et l'équité entre les différentes communautés, censées apaiser le pays et lui permettre de changer. M. Bassil précise ainsi que chaque nouveau projet qu'il a présenté tenait compte des réserves et des critiques émises par les autres parties, mais que chaque amélioration entraînait de nouvelles réclamations, « parce qu'il n'y a pas de véritable décision politique de faire avancer les choses ». Pourtant, selon lui, si, dans ce contexte favorable, les chrétiens ne parviennent pas à améliorer leur présence au sein des institutions de l'État, ce seront les générations futures qui le paieront. « Je ne regarde pas seulement les sièges chrétiens du Parlement de 2017. Il faut aussi penser à ce que sera la configuration du Parlement de 2021 et celui de 2025 », dit-il.

Les trois réserves du Hezbollah
Il semble toutefois que cette argumentation ne convainc pas tout le monde, y compris les alliés du CPL, à commencer par le Hezbollah. Ce dernier aurait exprimé au ministre trois réserves au sujet de la dernière mouture du texte qu'il a présenté. La première porte sur la circonscription du Liban-Nord et la nécessité d'assurer une victoire du chef des Marada, Sleiman Frangié. M. Bassil est convaincu que selon son propre découpage, une telle victoire est assurée. Mais le Hezbollah estime qu'il faut diviser la circonscription en deux. Le ministre est d'accord à condition de diviser alors toutes les autres en deux, pour adopter un critère unifié. La deuxième réserve du Hezbollah porterait sur la nécessité d'adopter le mode de scrutin proportionnel total dans les circonscriptions, et la troisième sur la voix préférentielle qu'il souhaiterait élargir à l'ensemble de la circonscription, alors que le CPL voudrait la limiter au caza, pour que les votes ne soient pas noyés dans le nombre.
Dans un discours explosif devant la communauté libanaise de Sydney samedi soir, sur l'invitation du consul du Liban Georges Bitar, M. Bassil a affirmé que « nul ne parviendra à avaler nos droits grâce à ses voix ! ».
Il a répondu à ceux qui l'accusaient d'être sectaire et de vouloir la partition en lançant : « Découper les circonscriptions ne signifie pas vouloir la partition. Nous voulons simplement préserver les droits de chacun dans ce pays. Car pour nous, le Liban n'existe qu'avec ses chrétiens et ses musulmans. Nous avons résisté à l'occupation et à la tutelle, et nous avons appuyé la résistance, ce n'est pas pour céder aujourd'hui devant ceux qui veulent nous priver de notre liberté de choix et confisquer notre opinion », a lancé le ministre devant un parterre de personnalités libanaises d'origine, avec, au premier rang, les représentants de toutes les communautés religieuses libanaises à Sydney. Il a d'ailleurs mentionné au passage que le dernier congrès d'al-Azhar avait appelé à l'édification d'un État de citoyenneté, lançant ainsi une position avancée en faveur du concept d'État de droit, alors qu'au Liban, certaines figures religieuses restent réfractaires à une telle modernisation...

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