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USA: un projet de loi pour éviter un nouveau scandale sexuel dans le sport amateur

Le gigantesque scandale qui secoue la gymnastique américaine a incité plusieurs sénateurs à proposer mardi de criminaliser la non dénonciation d'agressions sexuelles et renforcer la supervision des instances dans le sport amateur.

Pas moins de 368 anciennes gymnastes, pour certaines fillettes au moment des faits, affirment avoir été agressées sexuellement par des médecins et entraîneurs sur plus de deux décennies.

L'affaire, révélée fin 2016, a poussé à la démission il y a une dizaine de jours Steve Penny, le président de la Fédération américaine de gymnastique (USA Gymnastics), accusé d'avoir détourné le regard.
Un groupe bipartite de sénateurs appelle désormais leurs collègues du Congrès à voter une loi, qui enjoint les instances telles qu'USA Gymnastics, ainsi qu'aux adultes qui encadrent les athlètes, de dénoncer sans délai les abus sexuels présumés aux autorités locales ou fédérales. Selon cette législation, ne pas dénoncer de tels faits relèvera d'une infraction criminelle au niveau fédéral.
Elle prévoit aussi un renforcement de la supervision des adultes dans les gymnases. Et entend faciliter les démarches des victimes qui souhaiteraient dénoncer leurs agresseurs, notamment grâce à un centre d'appel qui assurera l'anonymat des interlocuteurs.

Autre nouveauté: un suivi des entraîneurs qui auront été accusés d'abus sexuels sera mis en place. Il s'agit d'empêcher qu'une même personne puisse récidiver simplement en changeant de ville ou d'Etat.
"C'est du bon sens. Nous voulons marquer noir sur blanc que les instances dirigeantes ont la responsabilité de protéger nos jeunes athlètes", explique la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, dénonçant une "culture de l'argent et des médailles" dans la gymnastique américaine.

Cette loi, assure-t-elle, doit envoyer un message aux 50.000 gymnases en Amérique: "Nous ouvrons une nouvelle page".
"La trahison de la confiance est particulièrement atroce" dans le cas des agressions de ces gymnastes, qui étaient des "fillettes" à l'époque des faits, dénonce également le sénateur démocrate Richard Blumenthal.
"La culture du silence qui leur est imposée est le fruit d'une pression systématique, impitoyable et cruelle", ajoute-t-il.

L'Indianapolis Star a révélé en décembre dernier que 368 enfants et adolescentes, de clubs affiliés à la Fédération de gymnastique avaient été victimes d'agressions sexuelles au cours des vingt dernières années.

L'hebdomadaire a depuis eu accès, après avoir saisi la justice, à des documents internes d'USA Gymnastics, montrant que des entraîneurs, reconnus coupables d'agressions sexuelles, avaient continué à travailler au sein de clubs après leur condamnation.


Le gigantesque scandale qui secoue la gymnastique américaine a incité plusieurs sénateurs à proposer mardi de criminaliser la non dénonciation d'agressions sexuelles et renforcer la supervision des instances dans le sport amateur.


Pas moins de 368 anciennes gymnastes, pour certaines fillettes au moment des faits, affirment avoir été agressées sexuellement par des médecins et...