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Mossoul: les civils poussés à rester chez eux, malgré les bombardements, selon Amnesty

L'organisation Amnesty International a reproché mardi au gouvernement irakien d'avoir "recommandé" aux civils de rester chez eux durant l'offensive pour reprendre Mossoul (nord) au groupe Etat islamique (EI) malgré le risque d'être touchés par des bombardements.

"Des centaines de civils ont été tués par des frappes aériennes alors qu'ils se trouvaient chez eux ou dans des lieux où ils s'étaient abrités, après que le gouvernement irakien leur avait recommandé de ne pas partir", déclare l'organisation de défense des droits de l'Homme dans un communiqué.
"Des victimes et des témoins habitant l'Est de Mossoul ont expliqué qu'ils n'ont pas tenté de fuir face à la progression des combats, car les autorités irakiennes leur avaient donné à plusieurs reprises pour instructions de rester chez eux", ajoute Amnesty.

Appuyées par une coalition internationale sous commandement américain, les forces irakiennes ont lancé le 17 octobre une vaste opération pour reprendre la métropole du nord de l'Irak, dernier grand bastion de l'EI dans le pays.
Après en avoir conquis en janvier les quartiers orientaux, elles mènent depuis la mi-février une opération pour s'emparer de l'ouest de la ville.

Ces opérations s'accompagnent de bombardements visant les positions jihadistes. Samedi, des responsables irakiens ont affirmé que des raids contre l'EI avaient tué ces derniers jours de nombreux civils dans le quartier de Mossoul al-Jadida.
Le nombre de victimes dans ces frappes, qui oscille entre des dizaines et des centaines, selon les sources, ne peut être vérifié de source indépendante.

Selon Amnesty, la mort de civils lors de frappes aériennes ou de combats au sol "soulève de graves questions quant à la légalité de ces attaques".
"Le nombre élevé de victimes civiles laisse à penser que les forces de la coalition menant l'offensive à Mossoul n'ont pas pris les précautions nécessaires pour épargner les civils, en violation flagrante du droit international humanitaire", a déclaré Donatella Rovera, conseillère sur les situations de crise à Amnesty, dans le communiqué.

L'organisation dénonce également l'utilisation par les jihadistes "des civils comme boucliers humains", une "violation grave des lois de la guerre qui constitue un crime de guerre".
"Cependant, le fait que l'EI se serve de civils comme boucliers humains ne dégage pas les forces irakiennes et de la coalition de l'obligation d'éviter de lancer des attaques disproportionnées", a souligné Donatella Rovera.

Le gouvernement irakien n'était pas joignable dans l'immédiat pour réagir au communiqué d'Amnesty.
Au moins 307 civils ont été tués à Mossoul-Ouest entre le 17 février et le 22 mars, a indiqué mardi l'ONU, qui n'était pas en mesure de détailler ceux tués par les frappes de la coalition et ceux tués par les jihadistes.


L'organisation Amnesty International a reproché mardi au gouvernement irakien d'avoir "recommandé" aux civils de rester chez eux durant l'offensive pour reprendre Mossoul (nord) au groupe Etat islamique (EI) malgré le risque d'être touchés par des bombardements.


"Des centaines de civils ont été tués par des frappes aériennes alors qu'ils se trouvaient chez eux ou dans des...