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La Dernière

Enfin seul(e)

Un peu plus
25/03/2017

Les animaux n'hibernent pas seulement quand il fait froid. Ils le font aussi à l'arrivée de la saison sèche. Pour faire face, par dépit, à la rareté de l'eau et/ou des aliments. Il n'y a pas que les animaux qui hibernent. N'en déplaise à nos amis les ours. Nous, les êtres humains de tout âge, aimons de plus en plus hiberner. Et pas qu'en hiver. Maintenant que le printemps est là, que les fleurs répandent leur pollen dans nos narines et dans nos yeux, que le temps n'est plus au ski et pas encore à la plage, que la frénésie des soirées et des rooftops n'a pas encore kidnappé nos nuits, que la morosité ne semble pas vouloir nous dire au revoir, on hiberne.

Staying in is the new going out. Et franchement, c'est le pied. Pour un tas de raisons. D'abord parce qu'on économise. Pas besoin de se ruiner pour se faire plaisir. Il suffit d'un halloum bacon (à n'importe quelle heure) devant sa télé pour être heureux. Parce que la télé. Parce que maintenant qu'on a tous les bouquets de chaînes internationales, on peut zapper entre comédies romantiques mielleuses, débats politiques français ou américains (chez nous, ils sont d'un ennui mortel), documentaires sur les baleines et, bien évidemment, séries (re)diffusées sur TF1 ou Canal +. Et qui dit séries dit Netflix et dit binging. C'est-à-dire passer une journée entière et une nuit complète devant l'écran de son ordi. Maintenant qu'on ne peut plus prendre son MacBook Pro ou sa tablette sur un vol pour la Grande-Bretagne, il fait bon rester chez soi. Et puis on peut pleurer devant n'importe quelle scène ridicule sans qu'on se foute de nous. Du genre, Capucin qui court derrière le train où se trouve Candy. Ou plutôt devant Manchester by the Sea, c'est vrai que c'est plus actuel. En plus, on peut faire des pauses pipi quand on veut. Fumer une clope et pas que sur la terrasse, sans qu'un non-fumeur ne nous fasse la morale. Avec tout ce qu'on ingurgitera pendant cette hibernation, on n'est plus à une bouffée près.

Qui dit binging dit glande à son summum. En pyjama ou en fringues athleisure. La tenue d'appartement version survêt molletonné. Et ce n'est pas le choix qui manque aujourd'hui. Qui dit survêtement dit chips et comfort food. Nutella, Nouba, pains au lait et pizza pepperoni réchauffée au micro-ondes. Quand on reste chez soi, on mange ce qu'on veut et comme on veut. Que ce soit l'alternance hormonale du sucré/salé/sucré ou la salade avec les mains, le ketchup qui dégouline au coin des lèvres ou les épluchures de bézér qu'on repose dans le même bol, il n'y a personne pour nous critiquer ou réprimander. Juste le chat qui essaye de récupérer les restes des chicken strips.

Cette période d'hibernation est parfaite quand on est en phase de deuil amoureux. Nul risque de rencontrer son ex au bras de son nouveau coco, à moins qu'elle vienne récupérer ses affaires un dimanche matin pluvieux. Nul risque non plus qu'on nous voie renifler dans notre Kleenex usé et re-usé en écoutant James Blake. Nul risque non plus qu'on nous mate en train de se la jouer Baby, alias Jennifer Grey dans Dirty Dancing, au milieu de notre salon dont on a poussé tous les meubles, la musique à fond. Comme tout le monde est sorti, on peut pump up le volume sans déranger personne. Et comme tout le monde est sorti, internet est plus rapide. Et donc, on peut rester sur son téléphone toute la journée à jouer à Candy Crush... sans qu'on nous dise qu'on est antisocial. On peut alterner siestes/The Young Pope/Super Mario Bros/bouquins. Sans culpabilité aucune.

De plus, en restant chez soi, on évite les embouteillages, le stress du volant, le daraké au regard concupiscent, le valet parking qui nous érafle notre toute nouvelle voiture, la file d'attente au supermarché (on se fera livrer), le bouncer qui nous fait attendre à la porte du O1NE, la queue leu leu pour arriver jusqu'au DJ booth, la queue leu leu pour traverser la salle et aller aux toilettes, la queue leu leu pour trouver des toilettes libres, la queue leu leu pour récupérer sa voiture à 3h du mat'. Être chez soi, c'est s'épargner des small talks, des conversations assommantes à propos du sport, des engueulades à propos de la grille des salaires.
Et enfin, être seul(e) chez soi, c'est recevoir... qui on veut.

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Sacrée Médée !
Et dire qu'avec tout ce qu'elle "grignote", toujours selon elle, elle reste si Parfaitement Svelte !
Mais comment fait-elle, Notre Äâzoûréeh de Äâzoûr pour rester telle quelle ?
Ça doit en faire des "Jalouses!", autour d'elle.... !
Tiens bon Médée, tu es Parfaite !

Michel Cherabieh

SEUL CHEZ SOI ......
C EST LE GRAND LUX .

gaby sioufi

un peu deprimant mais O Combien Exquis

Michele Aoun

Tres sympa!

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