Le Parlement suédois s'est réuni pour la première fois depuis 20 ans en session restreinte afin de simuler un état de guerre dans un contexte de tensions accrues avec la Russie, a annoncé mardi son président.
La "délégation de guerre", constituée de 50 députés de tous les partis représentés au Riksdag, de la gauche qui soutient le gouvernement, en passant par l'opposition de centre-droit, jusqu'à l'extrême droite, s'est retrouvée lundi dans un endroit tenu secret. Aucun détail sur les conditions de l'exercice n'a filtré. "Ce sont des scénarios secrets (...). Nous étions mis sous pression", a simplement indiqué à l'AFP le président du Parlement, Urban Ahlin.
Ce comité de crise resserré peut se réunir en cas de guerre ou de menace de guerre et remplacer provisoirement le Parlement. Et il ne s'était pas rassemblé depuis 1997. Sa convocation était prévue depuis 2014, mais Urban Ahlin reconnaît que "la dégradation du climat" diplomatique et sécuritaire dans le monde avait pesé. "Nous constatons une tendance à l'augmentation des capacités militaires", a-t-il souligné.
La Suède, qui n'a pas connu de conflit armé sur son territoire depuis plus de deux siècles, ne fait pas partie de l'Otan, mais souscrit au Partenariat pour la paix lancé en 1994 pour développer la coopération militaire entre l'Alliance atlantique et les pays non-membres.
Si elle n'a pas de frontière terrestre avec la Russie, les deux pays sont riverains de la mer Baltique, et Moscou dispose d'une base navale à Baltiïsk, dans la région de Kaliningrad. La crainte représentée par la Russie a été ravivée par l'incursion d'un sous-marin non identifié dans l'archipel de Stockholm à l'automne 2014. Stockholm a annoncé début mars le rétablissement du service militaire dès cet été, sept ans après l'avoir supprimé.
"Nous sommes dans un contexte dans lequel la Russie a annexé la Crimée. Elle fait plus d'exercices dans notre voisinage proche", expliquait alors le ministre de la Défense Peter Hultqvist à l'AFP.
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Suède : le Parlement simule l'état de guerre sur fond de menace russe
AFP / le 21 mars 2017 à 18h37


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