Le congrès islamo-chrétien d'al-Azhar sur la citoyenneté (Le Caire, 31 mars-1er avril), était au centre d'une tournée effectuée hier par le chef du bloc parlementaire du courant du Futur, l'ancien premier ministre Fouad Siniora, auprès du mufti de la République, cheikh Abdel Latif Deriane, du président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, et du cheikh Akl de la communauté druze, Naïm Hassan.
À l'issue de ces trois entretiens, M. Siniora a déclaré que le congrès d'al-Azhar, dont le thème était « Liberté, citoyenneté, diversité et complémentarité », a été d'une « importance capitale », précisant qu'il a mis en évidence le fait que « le principe de la citoyenneté et l'idée du vivre-ensemble sont bien enracinés dans l'histoire de l'islam » et qu'ils sont « essentiels pour protéger toutes les composantes de toutes les sociétés arabes marquées par la diversité ».
« Les différences ne font pas nécessairement les différends, mais peuvent être source de richesse », a ajouté M. Siniora. Et de révéler qu'il a entamé sa tournée par une visite discrète au patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, qui a participé au congrès du Caire et a tenu à assister à toutes ses séances.
Grâce au concept de la citoyenneté, les notions de minorité et de majorité sont dépassées, a ajouté en substance M. Siniora, qui a rebondi sur l'idée du vivre-ensemble, ainsi que sur l'accord de Taëf, « qui l'a consacré ».
« Il nous faut appuyer la déclaration d'al-Azhar (...) et résister aux courants extrémistes qui versent dans la surenchère confessionnelle, car ces surenchères en appellent d'autres, qui leur sont opposées, ce qui est nuisible au Liban », a-t-il dit.
Et M. Siniora d'en appeler, par association d'idées, au respect de l'accord de Taëf et à l'application des dispositions de la Constitution, annonçant dans la foulée qu'un « effort commun » islamo-chrétien sera déployé pour promouvoir au Liban « la citoyenneté et le vivre-ensemble ».
Dans le prolongement de ses propos, le chef du bloc parlementaire du courant du Futur a demandé que la Constitution serve de « boussole » aux Libanais et a considéré que « l'organisation des élections passe en importance devant tout le reste » jugeant « inadmissible » une nouvelle prorogation du mandat de l'Assemblée. « Il y a quatre ans, cette prorogation avait ses raisons, mais aujourd'hui elle est inadmissible », a-t-il ajouté, invitant la classe politique à faire preuve « de lucidité ». M. Siniora a mis en garde, à ce propos, contre le danger du « vide » qui suivrait le non-respect de la Constitution.
Sur le projet de loi électorale sur lequel planche la classe politique, M. Siniora a déclaré que le courant du Futur a « fait un pas en direction de la proportionnelle », rappelant que c'est sous son gouvernement que la commission Fouad Boutros a été formée.
Au nom du « vivre-ensemble », M. Siniora a affirmé refuser la loi dite « orthodoxe » en vertu de laquelle chaque communauté élit ses députés, « ce qui équivaut à éloigner les Libanais un peu plus les uns des autres, ce qui nourrit en conséquence l'extrémisme ». « C'est contraire à la Constitution, a-t-il dit, le député représente toute la nation, et non seulement sa communauté. »
Sur le besoin de réforme, M. Siniora a plaidé pour que l'État étende à nouveau son autorité sur l'ensemble du territoire « de manière à ce qu'il n'y ait plus un service public dirigé par quelques partis, voire des milices, et que l'administration ne soit plus sous la coupe de milices, de communautés ou de sectes, ou simplement d'éléments armés ».
Enfin, jugeant qu'il n'est que justice que certaines catégories sociales soient satisfaites, M. Siniora a affirmé qu'en même temps, « il n'est que justice que tous les Libanais jouissent de la stabilité monétaire » et que l'on ne s'engage pas « dans des aventures aux conséquences imprévisibles ».


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