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Liban - Loi Électorale

« Nous devons connaître les motifs de chaque refus », affirme le chef du CPL

Après le PSP, c'est le Hezbollah qui formule des réserves.

À l'exception peut-être des Forces libanaises qui l'ont agréée parce qu'elle améliore le niveau de la représentation chrétienne au Parlement, la nouvelle formule électorale proposée il y a quelques jours par le ministre des Affaires étrangères et chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, n'a pas été favorablement accueillie par les diverses forces politiques. Presque toutes se cachent derrière l'examen du texte pour ne pas avoir à prendre position. Le projet, rappelle-t-on, propose un mode de scrutin mixte alliant majoritaire et proportionnelle, et donne l'opportunité à chaque communauté d'élire ses députés.
La rhétorique des uns et des autres reste cependant éloquente. C'est le cas notamment du Hezbollah, dont un des représentants, le député Hussein Hajj Hassan, a indiqué que sa formation fera connaître sa position une fois l'examen du texte, sur lequel elle planche pour le moment, sera terminé, au moment où le président du conseil exécutif du Hezbollah, Hachem Safieddine, prononçait un plaidoyer en faveur de la proportionnelle et descendait pratiquement « les formules électorales taillées sur mesure ». « Amal et le Hezbollah continuent de fournir un effort colossal pour parvenir à une nouvelle loi électorale juste, indépendamment des résultats des élections. La proportionnelle à laquelle nous appelons nous fera perdre quelques sièges dans les régions, il est vrai, mais cela ne pose pas de problème du moment que l'égalité et la bonne représentation sont assurées », a-t-il indiqué lors d'un meeting oratoire dans le village de Bedias, au Liban-Sud, en excluant la possibilité d'élaborer une nouvelle loi électorale « tant que les critères retenus restent illogiques et incorrects ».
Hachem Safieddine a accusé « ceux qui veulent des lois électorales taillées à la mesure de leurs intérêts, de ne pas vouloir édifier un État ». « Ceux qui veulent édifier un État doivent soutenir une loi électorale qui ne soit pas rétrograde, mais moderne, juste et assurant une réelle représentation » des électeurs. Un député du bloc du Hezbollah, Kamel Rifaï, a été plus direct en considérant que la formule proposée par le chef du CPL « ne répond pas aux aspirations des Libanais, compte tenu notamment du discours qui l'a accompagnée, lequel renforce le confessionnalisme et le sectarisme ».

« Nous avons renoncé à des sièges... »
Le discours du Hezbollah mais aussi les réserves formulées la veille par le PSP auraient poussé le ministre des Affaires étrangères à réagir vivement, en écrivant sur son compte Twitter qu'il a proposé sa nouvelle formule électorale « pour connaître le point de vue de chaque partie ainsi que sa proposition de rechange à chaque point rejeté ». « À partir de maintenant, nous devons connaître les motifs de chaque refus », a-t-il insisté.
La veille, Gebran Bassil a vanté les avantages de la proportionnelle dans le discours qu'il a prononcé lors du dîner annuel de sa formation, tout en soulignant les efforts qu'il a fournis pour tenir compte des appréhensions des uns et des autres. « Nous essayons de nous entendre avec tous les Libanais au sujet d'une loi électorale qui puisse favoriser un développement du pays. Nous avons renoncé à des sièges, à des droits ainsi qu'à notre attachement à une proportionnelle intégrale, en faveur d'une proportionnelle partielle, que ce soit au niveau national ou des communautés, dans l'espoir de parvenir un jour à l'intégrale et à un Sénat qui soit une source de tranquillité pour les minorités et qui présente une garantie pour les spécificités de chaque partie », a-t-il déclaré, avant d'ajouter que le CPL « défend les droits et essaie de comprendre l'autre ». « C'est ce que nous entreprenons à travers nos propositions de loi électorales. Nous essayons de nous mettre à la place de l'autre, de réfléchir comme lui et de comprendre ses appréhensions, mais ce processus a ses limites. (...) Nous devons préserver nos spécificités et ne pas renoncer à nos droits ou justifier la corruption, mais amener l'autre vers la réforme », a poursuivi Gebran Bassil.
Quoi qu'il en soit, ce discours ne semble pas porteur, compte tenu des remarques exprimées jusque-là au sujet de la nouvelle formule mixte. L'ancien ministre, Khalil Hraoui, a ainsi accusé le chef du CPL, sans le nommer, d'avoir façonné une formule électorale « à la mesure des intérêts étriqués » de sa formation. « Cette proposition est hybride et repose sur des critères amalgamés, ce qui nous pousse à interroger ses artisans sur les raisons pour lesquelles ils insistent à privilégier, dans chacune de leurs formules, le vote confessionnel en limitant celui-ci à un champ communautaire fermé. Est-ce que cela peut justifier le slogan de la participation et de la parité sur lequel ils se sont appuyés pour édifier leur popularité au détriment de l'unité de la société et du pays ? »
s'est interrogé M. Hraoui, qui a considéré comme « un crime à l'égard du Liban la mise en place de cantons confessionnels ».

À l'exception peut-être des Forces libanaises qui l'ont agréée parce qu'elle améliore le niveau de la représentation chrétienne au Parlement, la nouvelle formule électorale proposée il y a quelques jours par le ministre des Affaires étrangères et chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, n'a pas été favorablement accueillie par les diverses forces politiques. Presque toutes se cachent derrière l'examen du texte pour ne pas avoir à prendre position. Le projet, rappelle-t-on, propose un mode de scrutin mixte alliant majoritaire et proportionnelle, et donne l'opportunité à chaque communauté d'élire ses députés.La rhétorique des uns et des autres reste cependant éloquente. C'est le cas notamment du Hezbollah, dont un des représentants, le député Hussein Hajj Hassan, a indiqué que sa formation fera...
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