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Cinéma

Sophie Boutros : Sachons rire de nos défauts !

Rencontre

La réalisatrice libanaise raconte la naissance de son premier film « Mahbas ».

C.K. | OLJ
16/03/2017

Issue d'une famille d'artistes, et bien qu'ayant poussé à un certain moment la chansonnette, Sophie Boutros a choisi le cinéma : « Mes deux parents ont de belles voix, mais c'est ma sœur Julia qui a fait carrière dans la chanson. Quant à moi, je ne me suis jamais vue avec ce profil-là. » Avec de très bonnes notes dans les matières scientifiques, Sophie Boutros poursuit d'abord des études de médecine en faisant même une année préparatoire. Très vite, elle déchante et veut entrer dans un domaine artistique. Le sort est tombé sur l'audiovisuel. « Vous dire que mon amour pour le cinéma dès mon enfance et de longues soirées de vidéos en compagnie de ma sœur m'ont amenée là où je suis à présent serait trop simpliste », sourit la réalisatrice de Mahbas, qui confie avoir découvert un nouveau monde à l'ALBA, où elle poursuivait ses études. Des premiers pas à la télévision, puis dans des clips musicaux, entre autres celui de sa sœur Julia, Sophie Boutros entame vite son parcours de cinéaste tout en demeurant frileuse quant à la réalisation d'un film. « Je ne me sentais pas le courage nécessaire pour franchir le pas. D'autant plus que je tenais à en être la scénariste. » Et de poursuivre : « Comment écrire ? Est-ce que je saurais le faire? Lorsque j'ai fait la connaissance de Nadia Eliewat – qui s'était spécialisée en scénario –, nous avons décidé d'entamer alors l'aventure à deux. »
« Le film Mahbas était supposé être un court-métrage, mais à cause des différents et graves problèmes qu'il charrie, entre autres l'intolérance, et des personnages hauts en couleur qui interprètent le film, le scénario a finalement été plus élaboré et plus allongé. »
Appréhendait-elle cette première œuvre ? « Certainement. L'écriture était fondamentale et devait être ciselée. Il ne fallait pas faire des erreurs ni toucher certaines susceptibilités, surtout concernant les deux pays que sont le Liban et la Syrie, qui ont un lourd passé en commun. C'est pourquoi nous avons eu affaire à un script doctor, qui relit notre scénario et le corrige. C'est enfin le cinquième brouillon qui a été retenu. C'est ce docteur de script qui nous a donné le courage de sortir des sentiers battus. Il nous a poussées à nous approfondir dans le caractère de tous les personnages pour que le scénario soit plus crédible. Il fallait qu'à partir d'une situation bénigne, une famille implose. »
Mahbas est le premier long-métrage de fiction de Sophie Boutros. Sorti commercialement en salle à Beyrouth après une avant-première à Dubaï, il voyagera dans les pays arabes comme la Syrie, la Jordanie... et dans des festivals en l'Australie ou aux États-Unis. « Les Syriens seront sûrement curieux de voir ce film et de rire de leurs défauts, comme nous des nôtres. Quant à moi, je suis impatiente de voir comment il sera accueilli réellement dans leur pays. D'ailleurs, le fait que les comédiens syriens aient accepté avec enthousiasme leurs rôles est déjà très encourageant », conclut la jeune cinéaste.

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