Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Présidentielle Française

Penelopegate : Fillon inculpé

Le candidat de la droite a été mis en examen, hier, pour « détournement de fonds publics » notamment.

François Fillon et son épouse Penelope, le 29 janvier dernier, lors d’un meeting de campagne. Éric Feferberg/AFP

Le candidat de la droite à la présidentielle française, François Fillon, empêtré depuis des semaines dans les soupçons d'emplois fictifs de son épouse Penelope et de deux de ses enfants, a été inculpé hier dans l'affaire dite Penelopegate, à moins de six semaines du premier tour du scrutin. L'ancien Premier ministre avait lui-même annoncé qu'il était convoqué le 15 mars par les trois juges chargés du dossier. Mais « la mise en examen est intervenue ce matin. L'audition a été avancée pour qu'elle se déroule dans des conditions de sérénité », a déclaré hier son avocat, Me Antonin Levy.
Le candidat conservateur a été inculpé notamment pour « détournement de fonds publics », « recel et complicité d'abus de biens sociaux » et « manquement aux obligations déclaratives à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique », a confirmé une source judiciaire. Les juges ont donc estimé qu'il existait des « indices graves et concordants » après plusieurs semaines d'auditions et de perquisitions. M. Fillon a plusieurs fois dit que cette inculpation – qui intervient à seulement trois jours de la fin du dépôt officiel des parrainages requis pour tous les candidats à l'élection présidentielle – ne le détournerait pas de sa course vers l'Élysée, revenant ainsi sur sa promesse initiale de se retirer en cas d'ennuis judiciaires.
C'est la première fois qu'un candidat majeur sous le coup d'une inculpation va se présenter à l'élection présidentielle française. M. Fillon, qui a dénoncé « une chasse à l'homme », a continué à mener campagne en essayant de recentrer le débat sur son programme politique. Lors d'une rencontre hier après-midi avec des chasseurs, il a tout juste déploré dans son discours que les « balles volent bas » dans la campagne et affirmé que cela ne lui déplaisait pas d'être « au côté de vrais chasseurs ». L'emploi de son épouse Penelope comme assistante parlementaire – de 1986 à 2013 avec des interruptions – révélé fin janvier par l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné, est au cœur de ce dossier qui focalise depuis des semaines l'attention des médias et de l'opinion, occultant les enjeux du scrutin organisé les 23 avril et 7 mai.

Désordre
Si la pratique d'employer des membres de sa famille n'est pas interdite en France, le soupçon d'emploi fictif et les sommes totales en jeu (680 000 euros nets, soit 3 600 euros mensuels), issues notamment de deniers publics, ont durement écorné l'image du candidat qui s'était présenté en champion de la morale en politique au début de la campagne.
D'autant que des révélations se sont encore succédé ces derniers jours : Le Journal du Dimanche a écrit que des factures de plusieurs milliers d'euros de l'homme politique chez un tailleur parisien du groupe de luxe Berluti (LVMH) avaient été réglées par un homme d'affaires à l'identité non révélée. Hier, le journal Le Parisien a par ailleurs révélé que les deux enfants de M. Fillon, eux aussi employés (entre 2005 et 2007) comme assistants parlementaires par le candidat et également soupçonnés d'emplois fictifs, ont rétrocédé une grande partie de leurs salaires à leurs parents. Ses enfants, Marie et Charles, ont confirmé avoir « remboursé » des fonds avancés à l'une pour son mariage, à l'autre pour son logement.
Depuis le début du feuilleton, le candidat de la droite a subi plusieurs défections – son porte-parole et son directeur de campagne notamment – et sa candidature a été un moment durement remise en cause dans son propre camp, avant qu'un rassemblement réunissant plusieurs dizaines de ses partisans à Paris lui permette de reprendre la main. Son parti, Les Républicains, lui a finalement réitéré un soutien clair la semaine dernière, mais l'affaire continue de le fragiliser. Crédité de 20 % des intentions de vote, derrière la candidate d'extrême droite Marine Le Pen, en tête avec 27 %, et le centriste Emmanuel Macron du mouvement En marche !
(24 %), selon un sondage publié hier, M. Fillon serait éliminé à l'issue du premier tour du scrutin.
« Compte tenu du désordre dans cette campagne, les choses se cristalliseront dans les derniers jours, dans la dernière semaine quasiment (...), au moment où les Français ont le sentiment qu'ils ont une responsabilité en mettant un bulletin dans l'urne », a lui-même estimé François Fillon lors d'un débat lundi soir.

(Source : AFP)

Le candidat de la droite à la présidentielle française, François Fillon, empêtré depuis des semaines dans les soupçons d'emplois fictifs de son épouse Penelope et de deux de ses enfants, a été inculpé hier dans l'affaire dite Penelopegate, à moins de six semaines du premier tour du scrutin. L'ancien Premier ministre avait lui-même annoncé qu'il était convoqué le 15 mars par les trois juges chargés du dossier. Mais « la mise en examen est intervenue ce matin. L'audition a été avancée pour qu'elle se déroule dans des conditions de sérénité », a déclaré hier son avocat, Me Antonin Levy.Le candidat conservateur a été inculpé notamment pour « détournement de fonds publics », « recel et complicité d'abus de biens sociaux » et « manquement aux obligations déclaratives à la Haute Autorité pour la...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut