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Économie - Focus

Le métro supplantera-t-il la voiture au Qatar ?

« Alors que dans des pays développés, il est question d’ouvrir une ligne à chaque fois, chez nous au Qatar, on met en place tout un réseau », souligne Khaled al-Thani. Karim Jaafar/AFP

Lorsqu'il sera fin prêt, le métro au Qatar s'étendra sur des centaines de kilomètres à travers la capitale ultramoderne Doha et des banlieues sur le littoral en pleine expansion, mais certains se demandent s'il aura du succès.
Dans ce petit émirat gazier où la voiture est reine, le pari des promoteurs est d'emporter rapidement l'adhésion du public. « Contrairement à l'Europe, nous n'avons pas la culture du métro », explique Khaled al-Thani, un ingénieur travaillant pour Qatar Rail, la compagnie d'État chargée du premier métro dans ce pays du Golfe. « Tout ça, c'est nouveau pour nous », dit-il.
Des rames de trois voitures sans conducteur desserviront 100 stations, dont certaines portent déjà les noms de Ras Bu Fontas, al-Shaqab et Legtaifiya. Au moment où le Qatar poursuit d'énormes travaux d'infrastructure liés notamment au Mondial 2022 de football, des responsables à Qatar Rail affirment que le métro de Doha, d'un budget de 18 milliards de dollars, fait partie des projets d'ingénierie les plus importants au monde.
Le Qatar dit avoir battu un record en utilisant 21 tunneliers au même moment en novembre 2015. Environ 90 % du métro sera souterrain quand il sera opérationnel. La conception architecturale des stations a été approuvée par l'émir en personne, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani. Qatar Rail affirme avoir comme objectif d'achever 70 % du réseau d'ici à fin 2017, l'inauguration étant prévue fin 2019 ou début 2020.

« Tout un réseau »
« Alors que dans des pays développés, il est question d'ouvrir une ligne à chaque fois, chez nous au Qatar, on met en place tout un réseau », souligne l'ingénieur. La dernière station de la ligne rouge sera celle de Lusail, ville nouvelle à une vingtaine de km au nord de Doha. Cette cité côtière d'un coût de 44,9 milliards de dollars est en train d'émerger du désert et accueillera la finale de la Coupe du monde dans 5 ans.
Pour surmonter les réticences d'une population habituée à la voiture et au 4x4, la compagnie ferroviaire a commencé à organiser des campagnes de sensibilisation sur le métro pour qu'il soit largement utilisé au moment de son ouverture. « Je suis confiant : le métro sera un succès », assure l'ingénieur. « Il me faut une heure chaque jour pour aller au travail. Avec le métro, vous avez un moyen de transport sûr et fiable pour aller d'un point A à un point B. Les horaires sont fixes et je pense que dès que le métro sera ouvert au public, nous aurons une réaction très positive », poursuit-il.
L'objectif est de retirer 190 000 véhicules par jour d'une circulation embouteillée à Doha. La capitale du Qatar en a bien besoin. Un rapport diffusé en février par le Qatar Mobility Innovations Center (QMIC) indique qu'un automobiliste a passé en moyenne 109 heures sur les routes de l'émirat en 2016, soit sept heures de plus qu'en 2015 et une perte d'environ 1,5 milliard de dollars pour l'économie, selon le calcul de cet organisme.
On peut se demander si les Qataris laisseront leurs voitures au garage, et seront prêts à marcher jusqu'à leur station de métro, tout particulièrement entre les mois de juin et septembre où les températures dépassent 40°. Il ne fait pas de doute en revanche qu'une partie des travailleurs étrangers, qui fréquentent aujourd'hui les bus, utilisera le nouveau métro. « Je pense que j'utiliserai le métro (comme) les Philippins, les Indiens et les Népalais qui n'ont pas de voitures », dit Mercedita, une employée de maison.
Qatar Rail voudrait que 1,6 million de personnes utilisent le métro dans 15 ans. « Il faudra du temps pour changer les mentalités », admet Abdallah Alsayed Zahran, un responsable du groupe.
David HARDING/AFP

Lorsqu'il sera fin prêt, le métro au Qatar s'étendra sur des centaines de kilomètres à travers la capitale ultramoderne Doha et des banlieues sur le littoral en pleine expansion, mais certains se demandent s'il aura du succès.Dans ce petit émirat gazier où la voiture est reine, le pari des promoteurs est d'emporter rapidement l'adhésion du public. « Contrairement à l'Europe, nous n'avons pas la culture du métro », explique Khaled al-Thani, un ingénieur travaillant pour Qatar Rail, la compagnie d'État chargée du premier métro dans ce pays du Golfe. « Tout ça, c'est nouveau pour nous », dit-il.Des rames de trois voitures sans conducteur desserviront 100 stations, dont certaines portent déjà les noms de Ras Bu Fontas, al-Shaqab et Legtaifiya. Au moment où le Qatar poursuit d'énormes travaux d'infrastructure liés...
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