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Le genre au centre d’un nouveau diplôme lancé par la LAU

Égalité

La question du genre dans le contexte du développement et de l'humanitaire prend de l'ampleur, aujourd'hui, aux Proche et Moyen-Orient.

10/03/2017

Lancé par l'Institut de recherche sur les femmes dans le monde arabe (IWSAW) et par le Programme d'éducation continue (CEP) de l'Université libano-américaine (LAU), en partenariat avec le Human Rights Education Associates, un nouveau diplôme couvre désormais les problématiques liées à la question du genre dans le contexte du développement et de l'humanitaire. Un aspect qui prend de l'ampleur aujourd'hui dans notre région et qui accroît le besoin de former des personnes dans ce domaine.
Des étudiants et des professionnels, hommes et femmes, s'intéressant au domaine du développement ou de l'assistance sociale et humanitaire, ou y travaillant déjà, se sont inscrits à ce programme qui a débuté en janvier. Ainsi, Lina Torossian, gestionnaire adjointe de programme dans une société de conseil, voudrait mieux préparer son doctorat sur le genre dans le contexte du développement. « Le programme est interactif et intéressant. J'espère apprendre les concepts théoriques nécessaires, mais aussi établir un réseau avec les experts qui prodiguent les cours », confie-t-elle. Tamara Blanche, étudiante en architecture, employée dans une start-up et journaliste, s'intéresse à l'égalité des genres et à la résolution des conflits. « Avoir une formation universitaire dans ce domaine renforcera mes arguments. J'espère mener des études de cas et écrire des articles universitaires sur un sujet qui a été largement ignoré ou, pire encore, constaté mais inchangé. »
Ce programme prodigue aux étudiants des connaissances sur plusieurs aspects du genre, liés à leur contexte. « J'ai toujours été consciente du manque de capacités locales pour relever les défis que nous avons dans cette région en matière de développement et d'humanitaire, et plus encore quand il s'agit de comprendre et de traiter les questions de genre », explique Dr Lina Abirafeh, directrice de l'IWSAW. S'appuyant sur plus de 20 ans d'expérience dans le développement et l'humanitaire, un peu partout dans le monde, elle a conçu un programme qui promeut l'égalité des genres, la parité homme-femme et, d'une manière spécifique, la prévention et l'intervention contre la violence pratiquée sur des bases sexistes. « Ces fonctions et ces métiers sont souvent occupés par des organisations internationales, des expatriés. Donc nous avions besoin d'un mécanisme pour construire une capacité locale qui relèvera ces défis locaux », révèle Mme Abirafeh. De plus, selon Jacob Schaap, directeur du programme, « beaucoup de donateurs aujourd'hui adhèrent aux objectifs du millenium qui visent l'intégration du genre dans plusieurs sortes d'assistance. » C'est un travail qui requiert l'acquisition de certaines compétences concrètes et techniques. Celles-ci sont fournies dans le cursus de la formation d'une façon pratique « pour que les étudiants puissent appliquer les compétences dans leur domaine de travail », explique M. Schaap. Ainsi, ces derniers profiteront de l'expérience des enseignants, tous des professionnels exerçant dans des organisations internationales, telles les agences de l'Organisation des Nations unies.

Actions tangibles
Des dix cours qui forment ce programme intensif, les cinq premiers constituent la base requise pour tous les inscrits. Ils abordent, entre autres, le concept de l'égalité des genres dans la pratique, dans des contextes humanitaires et de développement, et la manière de collecter les informations sur les questions de genre d'une façon éthique et sûre. Pour les cinq cours suivants, l'étudiant choisit l'un des trois thèmes proposés : la prévention et l'intervention contre la violence pratiquée sur des bases de genre, l'intégration du genre dans le domaine du développement, ainsi que le genre et les conflits. Les lectures et les discussions sont basées sur les documents des Nations unies, les directives et les outils mondiaux, les études de cas, les approches pratiques et les compétences concrètes, essentielles dans ce métier. De ce fait, une bonne maîtrise de l'anglais constitue le seul prérequis aux inscriptions.
En classe, chaque étudiant dispose d'un ordinateur qui lui permet d'effectuer des recherches en ligne et recueillir des informations pratiques, d'une façon rapide, sur des questions-clés ou sur des contextes socioculturels, à l'image d'interventions dans des situations humanitaires urgentes. Cela contribue à enseigner aux apprenants à implémenter des programmes spécifiques au contexte, à soutenir les populations dans un cadre de développement ou autre.
Le programme permet ainsi aux étudiants de comprendre la nature du travail sur le terrain et les prépare effectivement aux obstacles qui s'y présentent. Malgré les difficultés grandissantes de la région, « c'est le moment de prendre en main la situation et de relever nous-mêmes les défis. C'est le moment de se dire apprenons certaines choses et appliquons-les pour remédier aux problèmes parce qu'il y a un manque dans la région », affirme Mme Abirafeh, qui précise que le but est d'atteindre une sorte de sécurité et de durabilité, et de commencer par regarder chez soi au lieu de dépendre des organisations.
À noter que les étudiants peuvent suivre les cours par vidéoconférence et, qu'outre le diplôme, les inscriptions sont ouvertes pour des cours individuels que les étudiants pourraient choisir selon leurs besoins. Également, les cours peuvent être adaptés aux demandes de groupes ou d'organisations, à l'intérieur ou à l'extérieur du pays.

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