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Nos lecteurs ont la parole - Par Nohad Baroudi

Budget 2017 et EDL : le salut par les Forces libanaises

Je prends à la source (ministère des Finances, pas moins !) les chiffres des dernières dix années disponibles (2006-2015), et voilà ce que je trouve : les transferts de l'État à EDL ont représenté 95 % du déficit des finances publiques, totalisant près de 16 milliards de dollars, soit 1,6 milliard par an en moyenne. Je lis L'Orient-Le Jour du samedi 4 mars, et voilà ce que je trouve : le projet de budget 2017 « prévoit 27 nouvelles mesures fiscales devant générer 1,61 milliard de dollars de recettes supplémentaires ». Le même montant ! 1,6 milliard ! Ironique, non ?
Conclusion : on répercute le problème sur le contribuable, tout simplement, plutôt que d'essayer de trouver une solution durable, comme viennent de le faire les Forces libanaises en proposant de privatiser la production d'électricité.
Pour penser à augmenter les taxes dans un pays qui tente péniblement de sortir d'une crise qui a failli le terrasser et qui, avec l'élection présidentielle, commence à entrevoir le bout du tunnel, il faut vraiment être ignorant ou malintentionné, car de telles mesures entraîneraient l'économie dans une spirale déflationniste sans fin.
Si EDL avait été autosuffisante (toutes les compagnies d'électricité du monde sont excédentaires), elle aurait à elle seule gommé une bonne partie de la dette publique. En fait, pour être rigoureux, le fardeau est bien plus lourd que ces 16 milliards si l'on compte les intérêts débiteurs accrus au fil des dix dernières années. En actualisant à début 2017 (avec le taux d'intérêt effectif de la dette), on passe allègrement de 16 à 23 milliards de dollars. Donc plus du tiers de la dette totale nette (66 milliards de dollars début 2017) est dû à EDL.
EDL était une entreprise parfaitement rentable avant 1975. Depuis, elle n'a fait qu'accumuler des déficits de gestion de plus en plus énormes, sans parler de plus de 2 milliards de dollars en dépenses d'investissement qui ne furent jamais remboursés. Pourquoi, par exemple, des 2 258 MW de capacité installée 1 770 MW seulement sont-ils disponibles ? Pourquoi les pertes techniques sont-elles aussi élevées : plus de 15 %, alors que la normale se situe entre 7 et 9 % ? Pourquoi les factures émises représentent-elles 60 % seulement de la production ? Pourquoi les factures impayées se montent-elles à 15-25 % du total des factures émises, l'incertitude quant à ce dernier pourcentage résultant de l'absence de comptes financiers audités qui auraient pu fournir un chiffre plus précis ?
Pourquoi, au fait, un établissement public qui grève aussi dramatiquement le budget de l'État se permet-il de ne pas publier ses comptes financiers depuis de nombreuses années ?
Un effort louable a été entrepris par le gouvernement en 2007 pour étudier les possibilités d'une restructuration d'EDL et de sa « corporatisation » en vue d'une privatisation à terme. Trois études, financées par la Banque mondiale et préparées par des consultants européens, ont été soumises à EDL, au ministère de l'Énergie et de l'Eau et au Conseil supérieur de la privatisation.
Madame et messieurs les Ministres, dépoussiérez ces études, mettez-les à jour et agissez. Mais de grâce, ne laissez pas cette épée de Damoclès qu'est ce projet de budget s'abattre sur nos têtes.

Nohad BAROUDI
Ancien secrétaire général
du Conseil du développement
et de la reconstruction

Je prends à la source (ministère des Finances, pas moins !) les chiffres des dernières dix années disponibles (2006-2015), et voilà ce que je trouve : les transferts de l'État à EDL ont représenté 95 % du déficit des finances publiques, totalisant près de 16 milliards de dollars, soit 1,6 milliard par an en moyenne. Je lis L'Orient-Le Jour du samedi 4 mars, et voilà ce que je trouve : le projet de budget 2017 « prévoit 27 nouvelles mesures fiscales devant générer 1,61 milliard de dollars de recettes supplémentaires ». Le même montant ! 1,6 milliard ! Ironique, non ?Conclusion : on répercute le problème sur le contribuable, tout simplement, plutôt que d'essayer de trouver une solution durable, comme viennent de le faire les Forces libanaises en proposant de privatiser la production d'électricité.Pour penser...
commentaires (6)

Äâââl "privatisation" äâââl ! Ttôfnnîsses b'Ttôfnnîsses.... !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

13 h 18, le 09 mars 2017

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Commentaires (6)

  • Äâââl "privatisation" äâââl ! Ttôfnnîsses b'Ttôfnnîsses.... !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 18, le 09 mars 2017

  • LE PROJET DE PRIVATISATION AVANCE PAR LES F.L. EST LE PLUS JUSTE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 07, le 09 mars 2017

  • Mais si 15 à 25% des factures restent impayées et 40% de l'électricité produite n'est même pas facturée avec un "État?" qui ne peut pas (et ne veut pas) mettre fin à ce VOL qualifié, croit-on sincèreMent alors qu'une banale "société privée" aurait ; yâ hassértéééh ; le "pouvoir!" d'y remédier ? Äâlâ mîîîne ! Wâlâââoû !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 37, le 09 mars 2017

  • CEUX QUI N,ONT JAMAIS PAYE ET NE PAIENT PAS POUR L,ELECTRICITE ET CEUX QUI VOLENT DU COURANT SONT BIEN CONNUS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 37, le 09 mars 2017

  • Il est bien clair que l'EDL est une affaire très juteuse pour les mêmes dirigeants publiques depuis des décennies ! Les employés viennent de protester contre la privatisation : quelle abherration pour l'intelligence du citoyen Libanais. En Occident et dans les pays Asiatiques la mise en examen des dirigeants politiques est de rigueur. Qu'en est-il au Liban ? Qu'en est-il de l'application de la loi contre l'enrichissement illicite ? Espérons que le nouveau ministère chargé de la lutte contre la corruption parviendrait à réaliser ses objectifs pour le bonheur de la majorité des Libanais.

    Saikali Raja

    08 h 48, le 09 mars 2017

  • Ainsi, non seulement, 15 à 25% des factures restent impayées, mais 40% de l'électricité produite n'est même pas facturée!Si l'Etat ne peut pas (ou ne veut pas)mettre fin à cette aberration, la privatisation s'impose avec évidence.

    Yves Prevost

    08 h 27, le 09 mars 2017

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