X

Liban

Amine Gemayel démonte l’idée du choc des civilisations

OLJ
03/03/2017

Dans son allocution au cours de la séance de clôture de la conférence organisée par al-Azhar sur la liberté et la citoyenneté, l'ancien président de la République Amine Gemayel a estimé que « la réalité dans la région et dans le monde n'est pas celle du conflit des civilisations, mais certainement d'un conflit culturel ».
« Le prétendu conflit des civilisations suppose un clash entre des civilisations antinomiques, dont chacune rassemble ses composantes homogènes pour défaire l'autre, a-t-il dit, ce qui fait le lit des théories selon lesquelles la crise mondiale actuelle découle d'une guerre entre l'Islam et l'Occident. Or cette vision du monde est injuste et arbitraire. »
« Du reste, le monde musulman ne se limite pas aux pays dont la majorité des habitants est musulmane, mais englobe également les sociétés qui renferment des minorités au sein de la population autochtone qui sont des fidèles de cette religion. Parallèlement, le christianisme ne saurait être confiné à l'Occident », précise Amine Gemayel.
« Le conflit bat donc son plein à l'intérieur de chaque civilisation et oppose deux mondes : les adeptes du repli sur soi par peur et ceux qui prônent l'égalité, l'ouverture, la complémentarité et le respect de la diversité. Les lignes de démarcation se trouvent donc à l'intérieur des sociétés, qu'elles déchirent, et non entre deux pôles artificiellement constitués qui s'appelleraient les civilisations. À l'intérieur de chaque société, l'on retrouve ainsi ceux qui font fi de l'humanité et la dignité de l'autre, qui ne sont pas exclusifs à un pôle ou un autre de la terre », souligne M. Gemayel.
« Quant au Liban, il est à l'image du reste de la planète. Tout comme lui est venu à bout de cette division factieuse en en domptant les épiphénomènes, le monde doit lui aussi en triompher », a noté l'ancien chef d'État, évoquant « la mobilisation sur des bases communautaires, qui réussit dans les questions relatives à la sécurité politique et économique de chaque groupe ». « Mais la religion peut être aussi facteur de division, comme au niveau du mariage civil, réclamé par beaucoup de jeunes et décrié par diverses parties pour des considérations religieuses », ajoute Amine Gemayel.
« Le Liban est aujourd'hui attaché à la paix civile fondée sur deux piliers, conclut-il, le processus politique, qui, malgré ses tares, réalise suffisamment de succès pour empêcher le Liban de couler, et le contrat social interlibanais, qui ne peut que se fonder sur la liberté, seule garante de la dignité – liberté de pensée, de croyance, de foi, de rite, d'expression et d'opinion –, la dignité humaine de la personne humaine et des groupes. »

Lire aussi à la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Pour le Liban, Hariri n’était pas démissionnaire

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.