Le gouvernement allemand a admis vendredi que 32 des 50 Afghans qu'il voulait expulser cette semaine par avion ont réussi à échapper aux autorités, si bien que seules 18 personnes ont été renvoyées vers Kaboul. Le vol charter d'expulsion "était prévu pour 50 ressortissants afghans, et ils étaient moins nombreux que prévu.
Dans les faits, 18 ont pris le vol", a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Tobias Plate, lors d'un point presse. Selon lui, si trois Afghans ont vu leur ordre de reconduite annulé par la justice, les autres ont disparu, se sont réfugiés dans des églises pour échapper à l'administration allemande ou ont mis en avant un problème de santé de dernière minute.
De son côté, le quotidien Bild a qualifié la situation de "désastre", la "majorité" des 32 Afghans ayant réussi à fausser compagnie à la police, et cinq d'entre eux étant parvenus à se réfugier dans des églises. Moquant les autorités allemandes, le journal relève ainsi que les 18 Afghans qui ont été expulsés dans la nuit de mercredi à jeudi était encadrés par 68 policiers, deux médecins et d'un interprète, soit 71 personnes au total pour un coût estimé à 100.000 euros.
En vertu d'un accord avec l'Afghanistan signé fin 2016, l'Allemagne a entrepris d'organiser des vols charters de demandeurs d'asile déboutés. Cette décision, qui entre dans le cadre du durcissement de la politique migratoire d'Angela Merkel après l'arrivée de centaines de milliers de demandeurs d'asile dans le pays en 2015 et 2016, est critiquée en raison du conflit qui perdure en Afghanistan.
Trois vols ont été organisés depuis décembre, 34 Afghans étaient dans le premier vol, 25 dans le deuxième et 18 dans le troisième. L'Allemagne a vu arriver quelque 900.000 demandeurs d'asile en 2015, dont environ 150.000 Afghans. A l'heure actuelle, 12.000 ressortissants afghans sont considérés comme devant être expulsés.
L'asile dans des églises se situe dans une zone grise au regard de la loi, celui-ci ne figurant pas dans la législation allemande. Son usage, à la discrétion de chaque prêtre ou pasteur, irrite les autorités qui rechignent à aller chercher de force les migrants dans des églises. Plusieurs centaines de cas de ce type sont recensés dans le pays.
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L'Allemagne a perdu la moitié des Afghans qu'elle voulait expulser
AFP / le 24 février 2017 à 15h16


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