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Liban

L’Association des banques demande une « révision » des mesures fiscales

OLJ
24/02/2017

En visite chez le chef de l'État, Michel Aoun, le président de l'Association des banques libanaises du Liban, Joseph Tobey et les membres du conseil d'administration de l'association ont de nouveau réclamé une « révision » des mesures fiscales incluses dans l'avant-projet de budget 2017 examiné actuellement en Conseil des ministres. Lors d'un entretien avec le président, M. Torbey a fait le point avec M. Aoun sur la situation du secteur bancaire dans le pays. Le président a également entendu les remarques formulées par les membres de l'association autour de certains points de l'avant-projet de budget 2017 actuellement discuté par le gouvernement, plus particulièrement ceux qui ont trait à la hausse de certaines taxes, et ont demandé qu'ils soient « revus ».
En visite hier au Sérail, une délégation de l'Association des commerçants de Beyrouth présidée par Nicolas Chammas a, elle aussi, de nouveau exprimé son opposition à toute hausse des impôts ainsi qu'à l'augmentation des dépenses de l'État par les temps qui courent. Les commerçants ont fait valoir la situation sociale et économique inquiétante, et l'état de pauvreté qui s'aggrave chez les commerçants libanais défavorisés désormais par la concurrence non organisée avec l'afflux de la main-d'œuvre et des commerçants syriens.
La délégation s'est entretenue avec le Premier ministre, Saad Hariri, dans le contexte des débats qui ont actuellement lieu en Conseil des ministres sur le projet de budget 2017.
« Nous devons décider si nous souhaitons que le Liban soit un paradis fiscal ou non », a déclaré M. Hariri, tout en reconnaissant que la situation économique qui prévaut « ne supporte pas une hausse lourde des impôts ».
Les commerçants ont présenté leur argumentation en faveur de l'adoption de politiques incitatives et de relance. Ils ont également demandé au gouvernement de prendre les mesures nécessaires « pour stopper la concurrence que constituent la main-d'œuvre et les commerçants syriens installés au Liban pour les Libanais », en requérant l'application de la loi. « Depuis le début de la crise syrienne à ce jour, le Liban est engagé sur une pente glissante, et le secteur commercial a perdu entre 35 et 40 % de son activité. Il s'agit d'une catastrophe au vrai sens du mot », a déclaré M. Chammas. Le recul constaté depuis le début de l'année n'est d'ailleurs pas propre au seul secteur commercial, mais à tous les secteurs économiques.
« À la lumière de cette crise, voilà que le gouvernement propose un arsenal fiscal douloureux », a ajouté le responsable, soulignant que la hausse de l'imposition envisagée est détaillée sur une quarantaine de pages. « On ne voit par contre pas un seul paragraphe sur la baisse des dépenses, qui vont augmenter de 8 % pour l'année fiscale 2016-2017 », a déploré M. Chammas.
Il a considéré qu'à la lumière de la dégradation de la situation, de la stagnation et de la pauvreté qui sévit, « l'État devrait plutôt prendre en compte les priorités, à leur tête la baisse des dépenses, l'arrêt des dilapidations, la lutte contre la corruption, l'amélioration de la perception des impôts, et le soutien aux commerçants et hommes d'affaires libanais face à leurs concurrents syriens ». « Aujourd'hui, nous faisons face à une réelle pauvreté. Le gouvernement doit absolument se tenir à nos côtés car ce ne sont pas seulement les fonctionnaires de l'État qui en pâtissent mais également les commerçants dont la souffrance n'est pas moindre. » Et d'ajouter que ces derniers ont également l'intention de prendre la rue d'assaut pour exprimer leur colère, sauf que leur association tente de les calmer et de les en dissuader.

Réforme du Conseil constitutionnel
À noter également que le chef de l'État a reçu la visite du président du Conseil constitutionnel, Issam Sleiman, avec lequel il a évoqué le chantier de réformes que compte entreprendre le Conseil et le projet de l'élargissement de ses prérogatives. L'annonce de la réforme a coïncidé avec la publication, il y a quelques jours, d'un ouvrage portant sur la série de réformes requises pour réhabiliter cette instance et lui redonner ses lettres de noblesse.
Intitulés « L'extension des attributions du Conseil constitutionnel au Liban », l'ouvrage et ses conclusions sont le fruit d'un long processus qui a mûri avec la collaboration de la fondation allemande Konrad Adenauer et auquel ont contribué plusieurs juristes et magistrats de renom.

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