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Moyen Orient et Monde

Indignation internationale contre la décision du Kremlin

Ukraine

Moscou reconnaît les passeports délivrés par les séparatistes prorusses ; le cessez-le-feu est globalement respecté, malgré quelques violations.

OLJ
21/02/2017

Au moment de l'annonce d'une nouvelle trêve samedi soir à Munich, le Kremlin publiait un décret sur la reconnaissance des passeports délivrés par les séparatistes prorusses de la république autoproclamée de Donetsk (DNR) et de la république autoproclamée de Lougansk (LNR). Cette législation, a précisé le Kremlin, restera en place jusqu'à un « règlement politique de la situation ». Signé par Vladimir Poutine, ce décret « temporaire » a aussitôt suscité l'indignation de Kiev. « Il s'agit d'une nouvelle preuve de l'occupation russe et des violations par la Russie du droit international », a martelé le président ukrainien Petro Porochenko, qui a dit en avoir informé le vice-président américain Mike Pence.
L'Allemagne a estimé hier « inacceptable » la décision du Kremlin. Son décret « sape l'intégrité de l'Ukraine, est en contradiction flagrante avec ce qui a été décidé à Minsk, et est donc inacceptable », a jugé Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel.
La France, pays garant avec l'Allemagne des accords de Minsk, signés en 2015 et censés permettre une réunification de l'Ukraine en contrepartie d'une autonomie accrue accordée à l'Est russophone, a également dit « regretter » la décision russe, dans un communiqué du Quai d'Orsay. Paris « appelle les autorités russes à concentrer leurs efforts et à user de leur influence sur les responsables séparatistes afin que les accords de Minsk soient mis en œuvre sans tarder », précise le communiqué, alors que le processus de paix semble quasi paralysé depuis des mois.
Sergueï Lavrov a rétorqué lors d'une conférence de presse à Moscou que la Russie est convaincue qu'« il n'existe pas d'alternative » aux accords de Minsk. Dans un communiqué hier, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que la décision de Vladimir Poutine était conforme au droit international, « qui n'interdit pas la reconnaissance de documents nécessaire à l'application des droits et libertés garantis par les autorités qui ne sont pas reconnues internationalement ».
Régulièrement accusé par Kiev et les Occidentaux de soutenir militairement et financièrement les séparatistes prorusses, Moscou dément fermement et ne reconnaît officiellement ni la DNR ni la LNR. « Aujourd'hui, une nouvelle étape a été franchie pour la reconnaissance internationale de la souveraineté de notre république », a néanmoins estimé le « président » de la LNR Igor Plotnitski. « Si la mère patrie (la Russie, NDLR) soutient d'une voix aussi forte notre combat, cela signifie que notre combat est juste (...) que nos espoirs sont justifiés », a renchéri le dirigeant de la DNR Alexandre Zakhartchenko.

Trêve fragile
La nouvelle trêve instaurée dans l'est de l'Ukraine restait fragile hier. Annoncé samedi soir par les chefs de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et ukrainienne Pavlo Klimkine, un nouveau cessez-le-feu est entré en vigueur hier, plus de deux semaines après une flambée de violence ayant fait une trentaine de morts à Avdiïvka, ville de l'est de l'Ukraine.
L'armée ukrainienne a cependant annoncé hier en matinée la mort d'un de ses soldats avant d'observer une « baisse significative » des tirs rebelles. « Nous avons enregistré 12 attaques de l'ennemi, mais pour l'instant, il n'a pas eu recours aux armes lourdes », a précisé le porte-parole de l'armée Oleksandr Motuzyanyk.
Les séparatistes ont de leur côté affirmé que la trêve était globalement respectée. « À partir de minuit pratiquement, le cessez-le-feu a commencé. Nous pouvons dire qu'il n'y a eu presque aucun tir », a déclaré Édouard Bassourine, haut responsable de la république autoproclamée de Donetsk. « Si la trêve tient 24 heures, nous commencerons à retirer nos armes de la ligne de front », a-t-il promis. Le 15 février, l'armée ukrainienne et les rebelles avaient accepté de retirer leurs armes aux abords de la ligne de front d'ici à hier, à l'issue de nouvelles négociations menées à Minsk. « La trêve est observée dans les zones où est prévu le retrait des armes de la ligne de front », a souligné Alexandre Mazeïkine, responsable militaire de la république autoproclamée de Lougansk.
Ce cessez-le-feu est le dernier en date d'une série de trêves instaurées dans le cadre des accords de Minsk. Mais elles ont toutes été rendues caduques par des violations répétées par les belligérants sur le terrain.

(Sources : agences)

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