Le Premier ministre turc Binali Yildirim a tenu samedi en Allemagne un meeting de soutien controversé aux réformes voulues par le président Recep Tayyip Erdogan et promis une traque impitoyable des putschistes, devant des milliers de sympathisants de la diaspora.
"L'époque où certains pouvaient donner des leçons à la Turquie est révolue. La Turquie n'est pas un pays que l'on peut intimider", a lancé Binali Yildirim dans un stade d'Oberhausen (ouest de l'Allemagne) rougi par une nuée de drapeaux turcs, où plusieurs milliers de sympathisants de l'AKP, le parti au pouvoir, sont venus défendre le "oui" au référendum constitutionnel du 16 avril.
La communauté turque d'Allemagne, la plus importante dans le monde hors de Turquie, peut participer à cette consultation.
Si elle est adoptée, la réforme transférera le pouvoir exécutif, essentiellement détenu par le Premier ministre, au président. Les opposants soutiennent que la réforme accorderait trop de pouvoirs à M. Erdogan, accusé de dérive autoritaire, notamment depuis la tentative de putsch en juillet.
Lors de son allocution, Binali Yildirim a également promis "d'aller chercher dans tous les trous où ils se cachent" les putschistes. Le prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis est désigné par la Turquie comme l'instigateur du coup d'Etat raté, ce que l'intéressé dément. Les procédures judiciaires lancées après le putsch avorté sont d'une ampleur sans précédent en Turquie.
Sevim Dagdelen, députée allemande du parti de gauche radicale Die Linke a qualifié le rassemblement d'Oberhausen de "campagne de publicité pour la dictature".
"Je trouve saugrenu que le Premier ministre turc n'ait aucun scrupule à venir profiter de notre démocratie (qui autorise ce rassemblement car il est d'ordre privé, ndlr) alors que lui et ses sbires font disparaitre leurs opposants derrière les barreaux", a pour sa part déploré le député allemand des Verts Cem Özdemir dans le journal local Kölner Stadt Anzeiger.
Dans la matinée, M. Yildirim a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel, qui a évoqué le cas du correspondant du quotidien allemand Die Welt, Deniz Yücel, 43 ans détenu depuis mardi par la police turque.
"La chancelière a souligné qu'il était fondamental que M. Yücel reçoive une assistance consulaire ou de l'ambassade (...) qu'il bénéficie d'un traitement juste et respectueux du droit", a indiqué Steffen Seibert, le porte-parole du gouvernement fédéral, à l'issue de cette rencontre organisée en marge de la Conférence pour la sécurité de Munich.
Binali Yildirim doit rencontrer dans la soirée le vice-président américain Mike Pence à Munich.
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Le Premier ministre turc tient un meeting pro-Erdogan en Allemagne
AFP / le 18 février 2017 à 17h03


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