Ils se sont enfin démasqués, sans aucune timidité, réserve ou honte, parce que maintenant c'est devenu sérieux, très sérieux, et qu'il y va donc de l'ensemble de leurs sources de revenu, car il a été enfin décidé, en haut lieu, de tuer la poule aux œufs d'or (destinés à financer leur corruption, bien entendu) avec lesquels ils finançaient leurs listes électorales (aux résultats garantis d'avance), et les infrastructures de leurs QG, comprenant châteaux, hommes liges et combines... Le tout contribuant à se faire éternellement réélire, eux-mêmes ou leurs héritiers, ainsi que leurs hommes, pour poursuivre leur œuvre destructrice destinée à affaiblir l'État. En gardant ainsi la main haute sur les nominations judiciaires, militaires, diplomatiques, administratives et évidemment ministérielles, tout en casant leurs fidèles aux postes les plus importants et sensibles, et en répétant indéfiniment le même cycle, ce qui les a propulsés à un rang qui leur permet de faire la pluie et le beau temps. Nos amis ne se contentent plus de contrôler le secteur public seulement, mais pourquoi pas le privé également (vu que le public est déjà couvert), et ce grâce à leurs alliances louches et indéfectibles dans les domaines des finances, de l'industrie, du commerce et de l'agriculture ? Ils possèdent des actions ou des parts dans toutes les grosses entreprises ou sociétés.
Ces parasites-bourreaux sont ainsi parvenus à contrôler le pays tout entier, et leurs affaires sont devenues tellement prospères qu'ils ont fini par contrôler aussi le secteur du nettoyage des ordures/déchets et très probablement celui des groupes électrogènes de quartier, tout en essayant de mettre la main aussi sur le nouveau secteur très prometteur de l'exploitation pétrolière et gazière. Plus ils affaiblissent l'État, plus ils prospèrent, jusqu'à ce que celui-ci soit mort ; et qu'il ne leur restait plus alors qu'à s'acharner sur sa dépouille comme des vautours. Cependant, entre-temps, la chose la plus horrible qu'ils aient pu imaginer, même dans leurs rêves les plus cauchemardesques, et qu'ils ont tout fait pour combattre est devenue réalité, hélas à leur plus grand détriment. Alors, ils ont conclu les alliances les plus invraisemblables et les plus sordides entre eux, en ont discuté avec les ambassadeurs des puissances occidentales, sans manquer de se rendre auprès de certaines capitales arabes influentes afin d'éloigner ce spectre. Ils ont réussi à en retarder l'avènement durant deux ans et demi (au détriment de la situation socio-économico-politique du pays) ; mais à la fin, ils ont dû se rendre à l'évidence et s'avouer vaincus devant la ferme volonté du peuple.
Il ne leur restait donc plus qu'à tenter de faire adopter une nouvelle loi électorale, taillée à leur mesure, pour ne pas tout perdre. Mais ladite perte était devenue inévitable car le président de la République continue d'exiger une nouvelle loi fondée entièrement sur la proportionnelle. Dans le cas contraire, il leur a fait savoir qu'il n'hésitera pas à opter pour le vide législatif. Le plus étonnant dans tout cela, c'est de voir des militants (encadrés par des politiques), qui se prétendent socialistes et appartenant à l'Internationale socialiste, c'est-à-dire à la gauche, se laisser diriger par des seigneurs féodaux ou des ploutocrates ; tout cela dans un silence suspect et assourdissant de l'IS, qui n'a rien trouvé d'anormal dans toute cette salade.
Ainsi, ils auront tout essayé dans leur ultime combat, mais malheureusement pour eux, leur guerre est perdue. Par conséquent, ils n'ont plus qu'à accepter leur défaite et à céder graduellement leurs sièges parlementaires aux authentiques représentants du peuple, jusqu'à ce que le pays puisse enfin tourner définitivement la page de cette triste période irrégulière, trouble et souvent honteuse de son histoire depuis l'indépendance de 1943, marquée surtout par la corruption, la féodalité politique, la vassalité et l'injustice ; et ce afin d'accéder finalement à l'État de droit tant rêvé, dont l'appareil judiciaire, sous l'impulsion du président Aoun, qui a poussé les juges qu'il a reçus à plus d'une reprise récemment d'être à la hauteur de leurs responsabilités. Notons à cet égard sa fameuse phrase, prononcée l'année dernière : une justice lente, ce n'est pas de la justice.
Redonnons donc à Beyrouth, mère des lois, son prestige et sa gloire passée qui lui sied si bien, elle qui fut si célèbre jusqu'à la destruction de sa prestigieuse École de droit, au sujet de laquelle un géographe ancien avait écrit : « C'est de Béryte que sortent les assesseurs des juges, qui dirigent les juges et toutes leurs sentences, qui dictent et interprètent le droit aux magistrats. » De son côté, un poète grec du Ve siècle, du nom de Nonnos, avait également dit : « La discorde, dévastatrice des États, cessera de compromettre la paix alors seulement quand Béryte, protectrice du repos de la vie, jugera la mer et les terres, fortifiera les villes de l'indestructible boulevard des lois, enfin lorsque cette cité assumera le régime exclusif de toutes les cités du monde. »


PAR LES MIXTES ET LA PROPORTIONNELLE SUPPOSEE, AVANT LA LAICITE, C,EST DE LA SUBORDINATION DE L,ELECTEUR QU,IL FAUT PLUTOT PARLER...
18 h 50, le 15 février 2017