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Hezbollah

Nasrallah demande au gouvernement de discuter avec Damas

Hassan Nasrallah a prononcé un discours (retransmis sur écran géant) particulièrement offensif lors des funérailles du cheikh Hussein Obeid, membre du comité central et l’un des fondateurs du parti, à Baalbeck.

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a défendu hier le scrutin proportionnel dans le cadre du débat autour de l'adoption d'une nouvelle loi électorale dans la perspective des législatives en juin prochain.
Évoquant plusieurs dossiers libanais et la question du conflit en Syrie dans un discours particulièrement offensif, prononcé à l'occasion des funérailles du cheikh Hussein Obeid, membre du comité central et l'un des fondateurs du parti, organisées à Baalbeck, le leader du parti chiite a notamment demandé au gouvernement d'engager avec le régime de Bachar el-Assad des discussions sur le dossier des réfugiés syriens installés au Liban. Il a également exprimé son refus pour toute taxe additionnelle imposée aux plus démunis.
Concernant le débat sur la loi électorale, le chef du Hezbollah a déclaré : « Le scrutin majoritaire élimine les minorités qui représentent pourtant une partie de la population. La proportionnelle corrige cet état de fait. C'est pour cela que nous nous sommes prononcés en faveur de la proportionnelle. »
Réagissant à la campagne menée depuis quelque temps par le chef druze Walid Joumblatt et son groupe parlementaire contre la proportionnelle mais aussi le système mixte (majoritaire combiné à la proportionnelle), il s'est adressé au Parti socialiste progressiste pour le rassurer, faisant remarquer qu'il ne cherche pas à écarter les leaders traditionnels du paysage politique. « Je tiens à m'adresser à la communauté druze : la proportionnelle ne vous élimine pas. Elle n'élimine aucun parti, aucune communauté », a affirmé Nasrallah.
M. Joumblatt s'était déclaré favorable à une version amendée de la loi électorale actuelle, basée sur la majoritaire plurinominale, mais critiquée par de nombreuses formations, dont le Hezbollah.
« Aucune discussion sérieuse n'a eu lieu jusque-là. Faire plonger le pays dans l'inconnu est dangereux », a mis en garde Hassan Nasrallah, se déclarant toutefois ouvert à tout dialogue. Le chef du Hezbollah, dont le parti soutient théoriquement la proportionnelle appliquée à la circonscription unique, a néanmoins préconisé la nécessité de plancher sur le projet de loi présenté sous le mandat de l'ancien Premier ministre Nagib Mikati et de le considérer comme un prélude à toute discussion future autour de ce sujet.

« Attitude hautaine »
Par ailleurs, Hassan Nasrallah a appelé le gouvernement à engager des discussions avec le régime de Damas pour régler la question des réfugiés syriens installés au Liban. « Le dossier des réfugiés syriens a des conséquences sur l'ensemble des Libanais. Il est temps qu'une grande partie de ces réfugiés rentrent chez eux », a affirmé le leader du parti chiite. « Le gouvernement doit dépasser son attitude hautaine et engager des discussions avec le gouvernement syrien », a-t-il ajouté, soulignant que certaines formations politiques avaient engagé des négociations avec « ceux qui étaient à l'origine de la naissance de Daech (acronyme de l'État islamique) et du Front al-Nosra (aujourd'hui Fateh el-Cham), qui ont fait couler le sang des vôtres », allusion faite à l'Arabie saoudite et au Qatar notamment.
« Les réfugiés syriens doivent être rassurés afin qu'ils puissent revenir dans leur pays », a-t-il encore dit, préconisant la nécessité pour l'ensemble des formations politiques de « traiter cette question sous l'angle humanitaire ».
Enfin, le leader chiite s'est prononcé en faveur de tout accord de cessez-le-feu en Syrie : « Le Hezbollah et l'Iran soutiennent tout accord de cessez-le-feu, toute réconciliation interne et solution politique en Syrie », soulignant que « les victoires militaires, notamment à Alep, ont restauré la stabilité dans certaines régions ».
Dénonçant les « mensonges » de certains médias arabes, Hassan Nasrallah a déclaré que des pays occidentaux et du Golfe entravent les solutions au conflit syrien, démentant en outre les intentions qui lui sont prêtées de vouloir modifier l'équilibre démographique en Syrie.
Enfin, il a ironisé face à l'arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis. « Le précédent président portait un masque agréable mais menait une politique destructrice. Nous remercions Trump pour avoir dévoilé le vrai visage des États-Unis », a déclaré le dirigeant chiite, en référence aux propos récents du guide suprême iranien, Ali Khamenei.


Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a défendu hier le scrutin proportionnel dans le cadre du débat autour de l'adoption d'une nouvelle loi électorale dans la perspective des législatives en juin prochain.
Évoquant plusieurs dossiers libanais et la question du conflit en Syrie dans un discours particulièrement offensif, prononcé à l'occasion des funérailles...

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