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Liban - Droits De L’Homme

Choucair veut travailler « main dans la main » avec la société civile

Le ministre d'État pour les Droits de l'Homme a présenté un plan de travail en vingt points pour son ministère.

Le ministre d’État pour les Droits de l’Homme, Ayman Choucair, en réunion avec les représentants des organisations de la société civile. Photo ANI

Le ministre d'État pour les Droits de l'Homme, Ayman Choucair, a présenté hier un plan de travail en vingt points, lors d'une réunion avec une dizaine de représentants des associations de la société civile au Liban. Ce plan de travail ambitieux devrait servir à jeter les bases pour régler les questions relatives aux droits de l'Homme les plus épineux.

La réunion s'est déroulée en présence, entre autres, de Wadad Halouani, présidente du Comité des familles des personnes disparues et kidnappées au Liban ; Hussein Youssef, président du Comité des familles des soldats kidnappés par Daech ; Wadih el-Asmar, cofondateur du Centre libanais pour les droits de l'homme, et de l'avocat Nizar Saghié. Une première au sein du gouvernement, habitué plus à être épinglé par les associations de la société civile qu'à collaborer avec elles. « Je me suis réuni avec les représentants de la société civile pour avoir leurs avis et pour nous entraider. Je veux être leur porte-parole, et nous allons travailler main dans la main dans le cadre des questions qui touchent aux droits de l'Homme. Il s'agit de gens sérieux qui, au final, travaillent dans l'intérêt du Liban », a indiqué M. Choucair à L'Orient-Le Jour.

Un plan de travail en vingt points a été présenté par M. Choucair qui espère pouvoir « baliser le terrain » pour ses successeurs afin de réaliser quelques progrès dans le domaine des droits de l'Homme. Le ministre prévoit ainsi de poursuivre le travail dans le cadre du dossier des soldats kidnappés par Daech et de s'attaquer à celui, très sensible, des personnes disparues et kidnappées (notamment durant la guerre civile). Il prévoit également de se pencher sur la question de la détention des toxicomanes, sur le cas des islamistes détenus sans procès depuis 15 ans, des arrestations préventives qui dépassent le délai prévu par la loi, l'état actuel des prisons, la délinquance juvénile, la comparution des civils devant le tribunal militaire, le travail des enfants, les droits des travailleurs étrangers, les droits des personnes du troisième âge et des handicapés, la violence sociale et domestique, le dossier des réfugiés palestiniens et syriens, la liberté d'expression, l'indépendance du pouvoir judiciaire, la lutte contre la torture dans les centres de détention et les lois sur le statut personnel.

 

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Comité national pour les droits de l'Homme
« Je ne pourrais certes pas tout mettre en œuvre avant l'élection, en mai, d'un nouveau Parlement. Je vais essayer de mettre en route un ou deux projets avant les législatives. Il s'agira de dossiers sur lesquels je pourrais avoir un impact rapide. Mais, de cette façon, je pourrais avoir pavé le chemin aux personnes qui me succéderont », a déclaré M. Choucair à L'OLJ. « Nous avons évoqué avec les représentants de la société civile, et pendant près de deux heures, les problématiques les plus épineuses. Je pense que nous allons organiser de petites réunions par sujet. J'essaierai ensuite de régler chaque dossier avec les ministères concernés », a-t-il ajouté.

Ayman Choucair a par ailleurs confié que son ministère allait bientôt mettre en place un comité national pour les droits de l'Homme, qui serait chargé d'assurer le suivi des questions mentionnées dans le plan de travail. « Le Premier ministre, Saad Hariri, a accepté que je commence à travailler au lancement du premier comité national. La question des droits de l'Homme en général et ceux de la femme en particulier lui tiennent à cœur », a assuré le ministre.

Le ministère d'État pour les Droits de l'Homme devrait bientôt désigner dix membres au sein de ce comité, notamment des figures judiciaires, des médecins et des membres des associations de la société civile. « Il s'agira d'un comité de personnes d'un certain niveau intellectuel qui seront en poste pendant plusieurs années. Ce comité pourra donc assurer un suivi sérieux des dossiers. Il sera mis en place d'ici à mars. Par ailleurs, la question sera de trouver le budget nécessaire pour financer les locaux et les salaires des membres de ce comité », a souligné Ayman Choucair.
« Peut-être que, dans la prochaine étape, il y aura création d'un ministère des Droits de l'Homme en bonne et due forme. M. Hariri est ouvert face à cette possibilité. Il faut un ministère et il faut changer les mentalités », a-t-il conclu.

 

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