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Liban

Le gouvernement a entamé l’examen du projet de budget

Conseil des ministres

Un plan directeur pour développer les infrastructures du pays sera bientôt mis en place et son exécution devrait s'étaler sur cinq à dix ans.

Z.A. | OLJ
09/02/2017

Le Conseil des ministres, présidé par le chef de l'État, Michel Aoun, s'est réuni hier au palais présidentiel de Baabda pour entamer l'examen du projet de budget 2017. Il s'est également penché sur les progrès dans la mise en place d'une nouvelle loi électorale et sur l'élaboration d'un plan directeur pour développer les infrastructures du pays.
Le projet de loi pour le budget pour l'année 2017 a été présenté hier en Conseil des ministres par le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil. Aucun détail n'a filtré sur la teneur de ce projet et le porte-parole du gouvernement, le ministre de l'Information Melhem Riachi, n'a pas donné de précisions sur les discussions qui ont suivi sa présentation, se contentant d'annoncer que les ministres poursuivront l'examen de ce dossier mercredi prochain dans le cadre de deux réunions ministérielles « consécutives », précisant que le président Aoun et le Premier ministre Saad Hariri en ont fait une « priorité ».
Plusieurs ministres s'étaient par ailleurs exprimés sur cette question avant le début de la réunion. Ainsi, le ministre de l'Éducation, Marwan Hamadé, s'est dit en faveur de l'inclusion de la grille des salaires pour la fonction publique dans le projet de budget. De son côté, le ministre d'État aux Affaires du Parlement, Ali Kanso, s'est prononcé contre une augmentation de la TVA.
L'adoption de la grille des salaires, qui ne figurait pas à l'ordre du jour de la séance, constitue l'une des principales revendications des organisations syndicales de fonctionnaires et d'enseignants, qui manifestent régulièrement depuis plusieurs années à ce sujet. Ce nouvel ajournement du dossier risque d'avoir des répercussions graves, au vu des menaces d'escalade brandies par les différents représentants des parties concernées. Le dossier du budget est quant à lui entravé depuis plus de 10 ans, principalement en raison des dissensions politiques. Pour rappel, le dernier budget a été voté en 2005.

Une loi électorale pour bientôt
Interrogé sur le dossier de la loi électorale, M. Riachi a assuré que le travail allait bon train « pour qu'une nouvelle loi électorale soit adoptée le plus rapidement possible ». À la sortie du Conseil des ministres, le vice-Premier ministre et ministre de la Santé Ghassan Hasbani a déclaré qu'il avait proposé la tenue d'une réunion ministérielle exclusivement consacrée à cette question. Proposition qui a été aussitôt avalisée par le président Aoun.
Le dossier de la loi électorale avait également été au menu d'un entretien, qualifié d'« excellent » par le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, entre ce dernier et M. Aoun hier matin. Lundi, le ministre avait appelé M. Aoun à ne pas se laisser aller à des propos « populistes » en ce qui concerne le dossier de la loi électorale. Insistant sur le devoir d'impartialité qui s'impose au président de la République, M. Machnouk avait estimé que le chef de l'État « est le président de tous les Libanais, de toutes leurs options, de toutes leurs idées électorales, sans qu'il lui soit possible d'être le président d'une seule idée, que celle-ci soit le scrutin majoritaire ou la proportionnelle ».
Interrogé hier par la chaîne OTV sur ses déclarations en début de semaine, M. Machnouk a tenu à préciser qu'il tenait avant tout à préserver le poste du président ainsi que sa personne. « Le développement des discussions sur les élections va probablement prendre une tournure négative et je ne voudrais pas que cela affecte le président », a-t-il dit.

Un plan directeur pour les infrastructures
Interrogé par L'Orient-Le Jour, le ministre d'État pour les Affaires des réfugiés, Mouïn Merhebi, a confié avoir commencé à réfléchir, en collaboration avec le Conseil du développement et de la reconstruction et les ministères concernés, à un plan directeur consacré au développement des infrastructures, à la demande de M. Hariri.
« Le Premier ministre a demandé de mettre en place un plan directeur pour développer les infrastructures dans le pays et réhabiliter celles déjà en place, notamment dans les régions où il y a beaucoup de réfugiés syriens », a indiqué M. Merhebi. Lors du Conseil des ministres, M. Hariri a en outre demandé aux ministères concernés par la crise des réfugiés syriens de collaborer avec M. Merhebi afin de mettre sur pied les projets de développement nécessaires.
« Ces projets profiteront aussi bien aux Libanais qu'aux réfugiés. Quand ces derniers seront partis, ces infrastructures serviront aux Libanais. Le plan directeur est encore à l'état de discussions, mais notre priorité sera d'offrir les services basiques aux citoyens tels que l'accès à l'eau, aux hôpitaux, aux écoles ou aux universités, a souligné le ministre qui propose de créer des antennes de l'Université libanaise au Akkar et au Hermel. Nous ne partons pas de zéro puisqu'il y a une vision propre à chaque ministère sur ces questions-là. Nous allons procéder à une mise en commun avec les différents ministères pour créer un plan global. »
« Les régions les plus reculées, comme le Akkar, le Hermel, Ersal, qui accueillent de très grands nombres de réfugiés syriens, voire le jurd de Kesrouan et celui de Jbeil, feront partie des endroits que notre plan directeur ciblera. L'exécution de ce projet s'étalera sur 5 à 10 ans et le plus important est de trouver le financement auprès de la communauté internationale », a ajouté M. Merhebi.
Par ailleurs, MM. Hariri et Aoun ont mis l'accent lors du Conseil des ministres sur le poids grandissant de la crise des réfugiés syriens. « Tous les officiels étrangers que j'ai rencontrés sont conscients de l'ampleur du problème, mais aucune mesure d'envergure n'a été prise dans ce sens », a dit M. Aoun. Saad Hariri a pour sa part confié qu'il avait indiqué aux délégations diplomatiques qui ont visité le Liban dernièrement que le pays « est devenu semblable, dans son ensemble, à un camp de réfugiés ».

Aoun en Égypte et en Jordanie
À l'ouverture de la séance, le président Aoun a en outre annoncé qu'il se rendra dans les prochains jours en Égypte et en Jordanie. Le chef de l'État a par ailleurs demandé au ministre de la Justice, Salim Jreissati, d'entrer en contact avec les familles des victimes libanaises de l'attentat du Nouvel An à Istanbul, dans le cadre d'une plainte au nom de l'État libanais contre le responsable de l'attaque.

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