Dans un communiqué publié hier, la commission de coordination des contractuels de l'enseignement professionnel et technique a décrété une grève générale le vendredi 3 février, appelant à un sit-in devant le ministère de l'Éducation dès 9h, mouvement qui se déplacera ensuite vers la direction de l'enseignement technique à Dekouané.
S'insurgeant contre « des lois promulguées pour recruter des diplômés de l'institut technique éducatif sans qu'ils ne soient soumis à des examens », les contractuels rappellent dans le communiqué que « 500 enseignants avaient été désignés en vertu d'une loi adoptée sous le gouvernement du Premier ministre Nagib Mikati ». « Pourquoi, au détriment de nos contrats, de nouveaux enseignants sont-ils ainsi recrutés chaque année, alors qu'ils n'ont pas plus droit que nous à la fonction ? » ajoute dans ce cadre le texte, appelant le président de la République, Michel Aoun, à « se pencher sur ces infractions, chercher les raisons qui ont conduit au mépris des droits des contractuels de l'enseignement professionnel et technique, et organiser des examens portant sur les matières de spécialisation ».
En soirée, la commission de coordination a renouvelé dans un nouveau communiqué son appel à la grève, prenant toutefois soin de préciser que le mouvement « n'est dirigé contre personne ». « Il vise à consolider notre droit légitime d'être cadrés auprès du ministère de l'Éducation nationale et dans le cadre de l'enseignement professionnel, ainsi qu'à faire savoir à tous les responsables que les contractuels sont le fondement de l'enseignement technique », précise le texte.
Hamadé
Devant une délégation du comité directeur de la Ligue des enseignants de l'école primaire publique menée par Mahmoud Ayoub, venue l'exhorter à ne pas lier le dossier de la grille des salaires au budget de l'État, le ministre de l'Éducation nationale, Marwan Hamadé, a déclaré : « En cas de ralentissement de vote du budget, nous aurons une bonne raison de traiter seule la question de la grille des salaires. »
M. Hamadé a en outre manifesté sa « détermination à créer une cellule de crise formée de la Ligue des enseignants, du directeur général de l'Éducation nationale, d'un conseiller juridique et d'une équipe administrative », afin, a-t-il dit, de « rectifier des lois injustes envers les enseignants ».
« Dans le cadre du Parlement, nous nous sommes engagés à ne plus conclure de nouveaux contrats », a poursuivi M. Hamadé, assurant que « des examens seront organisés afin d'introduire dans le cadre un sang nouveau ». Se disant « résolu à lancer un chantier de travail pour résoudre la crise relative aux contractuels », il a déploré que « parmi les enseignants sollicités pour instruire les déplacés syriens, certains encaissent leurs droits avant les contractuels ordinaires », affirmant qu'il évoquera ce sujet avec le président de la République, Michel Aoun, ainsi qu'avec le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, et le conseil de la Fonction publique. Enfin, le ministre de l'Éducation a affirmé qu'« une proposition de loi relative aux contractuels qui ont atteint l'âge légal de la retraite est en cours », indiquant qu'il l'appuiera.

