Un des cinq militants pakistanais des droits de l'Homme qui avaient disparu depuis plus de deux semaines va bien, a annoncé dimanche sa famille, au lendemain d'annonces similaires des familles de deux autres activistes.
"Asim nous a contactés par téléphone dimanche matin en nous disant qu'il allait bien", a déclaré sous couvert de l'anonymat un de ses proches, qui n'a pas non plus, pour des raisons de sécurité, donné le nom du militant qui avait disparu.
Samedi, un membre de la famille du professeur Salman Haider, poète et universitaire qui avait disparu à Islamabad le 6 janvier, avait indiqué qu'il était "sain et sauf". Un deuxième militant a également été retrouvé sain et sauf, selon un proche interrogé par l'AFP qui a demandé à ce que l'identité du militant ne soit pas dévoilée. Deux autres activistes manquent toujours à l'appel.
Les cinq hommes ont disparu dans diverses villes pakistanaises au tout début du mois de janvier.
L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a évoqué une implication d'agents étatiques mais le gouvernement a démenti. Les Nations unies et Amnesty International ont aussi exprimé leur inquiétude.
A mesure que la société civile se mobilisait pour les disparus, les accusations de blasphème à l'encontre de ces militants se sont multipliées sur les réseaux sociaux, déclenchant un flot de menaces qui reviennent à des appels au meurtre dans ce pays très conservateur.
Au moins 17 personnes sont dans le couloir de la mort après avoir été condamnées pour blasphème et nombre d'autres sont assassinées après de simples allégations. Les défenseurs des droits de l'homme critiquent de longue date la loi punissant le blasphème, héritée de la colonisation britannique et souvent détournée pour régler des conflits personnels.
Le Pakistan a connu une vague de disparitions forcées depuis une dizaine d'années mais elles ont été principalement confinées aux zones de conflit près de la frontière afghane ou au Balouchistan où combattent des séparatistes.
Selon les groupes de défense des droits de l'homme, les militants de la société civile comme les journalistes se trouvent régulièrement mis sous pression à la fois par les services de sécurité et les groupes extrémistes armés, dont les talibans.
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Pakistan : un troisième militant des droits de l'Homme se dit en sécurité
AFP / le 29 janvier 2017 à 12h10


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