La justice azerbaïdjanaise a condamné mercredi 17 militants islamistes et un dirigeant de l'opposition à des peines allant de 10 à 20 ans de prison pour "terrorisme" et incitation à la haine, des accusations qu'ils qualifient de politiquement motivées.
Un tribunal de Bakou, la capitale d'Azerbaïdjan, "a condamné 17 membres du Mouvement pour l'unité musulmane à des peines allant de 10 à 20 ans de prison pour terrorisme et tentative de coup d'Etat", a déclaré à l'AFP leur avocat, Yalchin Imanov.
Parmi eux, le chef de ce groupe, Tale Bagirzade, a été condamné à 20 ans de prison.
Au terme de ce même procès, le tribunal a également condamné le vice-président du parti d'opposition Front populaire de l'Azerbaïdjan, Fuad Gahramanly, à "10 ans de prison" pour incitation à la haine religieuse, a-t-il ajouté.
"Ces accusations politiquement motivées sont montées de toutes pièces", a lancé l'avocat, affirmant que ses clients avaient été torturés pendant leur détention.
Les avocats de Tale Bagirzade ont eux aussi affirmé à l'AFP que leur client avait subi des "tortures horribles" au cours de l'enquête, ayant visé selon eux à le faire témoigner contre des dirigeants de l'opposition, dont Fuad Gahramanly.
Tous les prévenus, sauf M. Gahramanly, ont été arrêtés pendant une opération des forces de l'ordre azerbaïdjanaises à Nardaran, village situé au nord de Bakou et connu comme étant un fief des musulmans chiites azerbaïdjanais, très conservateurs.
Cette opération, réalisée par les forces de l'ordre, a fait une dizaine de morts dont deux policiers. Elle visait le Mouvement pour l'unité musulmane, que les autorités accusent d'être un groupe armé cherchant à créer un Etat qui imposerait la charia dans ce petit pays du Caucase du Sud dont la population est en majorité musulmane.
M. Gahramanly a été quant à lui arrêté en décembre 2015 et accusé d'incitation à la haine raciale et religieuse, les autorités affirmant qu'il avait appelé les gens sur Facebook à devenir kamikazes. L'opposant a rejeté ces accusations, assurant qu'il n'avait jamais diffusé de tels appels.
Dirigé d'une main de fer par Ilham Aliev, l'Azerbaïdjan est l'un des pays les plus laïcs du monde musulman mais les autorités sont de plus en plus inquiètes face à la montée de l'islam radical.
Des critiques du régime affirment que les autorités utilisent le spectre de l'extrémisme religieux pour persécuter des opposants politiques.
"Ces...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine