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Moyen Orient et Monde - États-Unis

Trump entame son mandat en créant une nouvelle polémique

Le président américain a affirmé son soutien à la CIA et critiqué les médias, tandis que des manifestations monstres d'opposants ont eu lieu.

Des manifestants remontant l’avenue de Pennsylvanie, à Washington DC, samedi. Mario Tama/AFP

Le président américain Donald Trump a entamé son mandat en lançant une virulente polémique sur la mesure de son soutien populaire, avant de passer à ses premières mesures politiques concrètes, attendues à partir d'aujourd'hui.
Au lendemain des manifestations massives d'opposants, à Washington mais aussi ailleurs aux États-Unis et dans le monde, le nouveau président s'est tourné hier vers Twitter pour railler les centaines de milliers de personnes, surtout des femmes, descendues dans la rue. « Pourquoi ces gens ne sont-ils pas allés voter ? » s'est-il interrogé, jugeant que les célébrités avaient fait « beaucoup de mal à leur cause ». Une heure plus tard, dans un second tweet à la tonalité nettement plus conciliante, il affirmait que les manifestations pacifiques étaient « une des marques de fabrique de notre démocratie ». « Même si je ne suis pas toujours d'accord, je reconnais les droits des gens à exprimer leur point de vue », a-t-il ajouté.

Plus d'un million à Washington
Bonnet rose sur la tête, plus de deux millions de personnes, de femmes surtout, avaient participé samedi aux États-Unis aux Marches des femmes organisées pour la défense des droits civiques et contre le président républicain, et de nombreux rassemblements ont également eu lieu à travers le monde. Le plus grand rassemblement a eu lieu à Washington, un bastion démocrate. Beaucoup ont fait le déplacement motivés par la peur que Donald Trump nomme un nouveau juge conservateur à la Cour suprême, ce qui pourrait conduire un jour à la remise en cause du droit à l'avortement. Un aréopage de personnalités progressistes a pris la parole : le cinéaste Michael Moore, les actrices America Ferrara et Scarlett Johansson, la chanteuse Alicia Keys, ainsi que Madonna, qui a fait une apparition surprise sur scène pour appeler à une « révolution de l'amour » et chanter deux chansons. Beaucoup de manifestants portaient des bonnets roses à oreilles de chat, devenus le symbole de l'opposition à Donald Trump, qui s'était vanté en 2005 « d'attraper » les femmes « par la chatte ».
Un demi-million de manifestants à Los Angeles selon la police, la même chose à New York, plus d'un million à Washington selon les organisateurs, et des centaines de milliers à Chicago, Dallas, San Francisco, Saint Louis, Denver, Boston et dans des dizaines de villes américaines : le succès a dépassé les espérances des marcheuses et marcheurs, une démonstration de force qui illustre les fractures persistantes de la société américaine face au 45e président, investi vendredi. Plus de 600 marches avaient également été annoncées dans le monde. À Londres, 100 000 personnes ont défilé, selon les organisateurs. Ils étaient aussi des milliers à Sydney, 7 000 à Paris, 4 000 à Amsterdam, 2 500 à Genève, 2 000 à Montréal, plus de 1 000 à Mexico, près d'un millier à Tel-Aviv, et des centaines à Berlin, Barcelone, Rome ou encore Prague.
Face aux chiffres en comparaison peu flatteurs de la cérémonie de son investiture vendredi, Donald Trump s'en est pris également avec véhémence aux médias, les accusant d'avoir menti. « Honnêtement, cela avait l'air d'un million et demi de personnes, cela allait jusqu'au Washington Monument », l'obélisque du centre de la capitale américaine, a-t-il affirmé contre toute évidence, avant que son porte-parole, Sean Spicer, ne s'en prenne à son tour avec agressivité aux médias accusés de comportements « honteux ».

« 1 000 % » derrière la CIA
Par ailleurs, M. Trump a assuré samedi aux employés de la CIA qu'il était « à 1 000 % » derrière eux, tentant d'apaiser la polémique née de ses propos très critiques à l'encontre de l'agence de renseignement avant sa prise de fonctions. « Je suis complètement avec vous (...) Je vous aime, je vous respecte », a-t-il déclaré lors d'une visite au siège de la célèbre agence près de Washington, au cours de laquelle il a prononcé une violente diatribe contre les médias.
« Personne n'est aussi attaché à la communauté du renseignement et à la CIA que Donald Trump », a-t-il ajouté, parlant de lui-même à la troisième personne. « Nous sommes sur la même longueur d'onde, nous allons faire des choses fantastiques », a-t-il encore dit au lendemain de sa prestation de serment, évoquant en particulier la lutte contre le groupe État islamique. « Nous n'avons pas utilisé les réelles capacités dont nous disposons. Nous devons nous débarrasser de l'EI, nous n'avons pas le choix », a-t-il martelé. Évoquant sa « guerre » en cours contre les médias, le 45e président des États-Unis a affirmé que les journalistes faisaient partie « des êtres humains les plus malhonnêtes de la terre ».
Mike Pompeo, choisi par M. Trump pour diriger la prestigieuse agence, n'a pas encore été confirmé par le Congrès. Âgé de 52 ans, ce parlementaire républicain faucon, adversaire farouche de l'Iran des mollahs, a été un opposant déterminé et mordant à l'administration Obama.

Premières rencontres
L'équipe de M. Trump tentait hier de recentrer le débat sur les jours à venir, rappelant que le président républicain avait l'intention de signer une série de décrets pour concrétiser une partie de ses engagements de campagne. Jeudi, il participera à une rencontre des élus républicains de la Chambre et du Sénat à Philadelphie. Vendredi, il recevra le premier dirigeant étranger dans le bureau Ovale en la personne de la Première ministre britannique Theresa May.
Bonne nouvelle pour le nouveau président dont la plupart des membres du gouvernement attendent toujours leur confirmation par le Sénat, la voie semble désormais dégagée pour Rex Tillerson, ancien patron d'ExxonMobil choisi pour diriger la diplomatie américaine. Deux ténors républicains, Lindsey Graham et John McCain, qui avaient émis des réserves, ont annoncé hier qu'ils soutiendraient sa nomination à la tête du puissant département d'État.
Enfin, une pétition exigeant qu'il rende publique sa déclaration d'impôt a rapidement dépassé le cap des 100 000 signatures au-delà duquel la Maison-Blanche doit en principe répondre dans les 30 jours. Son équipe a fermé la porte à toute évolution sur ce thème. « Il ne publiera pas sa déclaration d'impôts. Ce sujet a été abordé durant la campagne et cela n'intéressait pas les gens », a lancé Kellyanne Conway.
(Source : AFP)


Le président américain Donald Trump a entamé son mandat en lançant une virulente polémique sur la mesure de son soutien populaire, avant de passer à ses premières mesures politiques concrètes, attendues à partir d'aujourd'hui.Au lendemain des manifestations massives d'opposants, à Washington mais aussi ailleurs aux États-Unis et dans le monde, le nouveau président s'est tourné hier...

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