La mère d'un Français ayant écopé de six ans de prison au Maroc pour son appartenance présumée à une cellule "terroriste" a appelé la justice de ce pays à revenir sur la peine de son fils, condamné selon elle sur la base de "faux aveux".
Thomas Gallay, ingénieur de 36 ans originaire du sud-est de la France, est jugé en appel depuis octobre à Salé, près de Rabat. Interpellé en février 2016, il avait été condamné en juillet à six ans de prison pour "soutien financier" à des personnes ayant voulu perpétrer des actes terroristes.
"On lui reproche d'avoir donné 70 euros (700 dirhams) à une vague connaissance", un intermédiaire immobilier --personnage au centre du dossier-- rencontré en 2014 après son installation à Essaouira (centre), et avec qui il a perdu contact en 2015, a déclaré à l'AFP Mme Gallay.
"Lors de son interrogatoire, les policiers ont fait signer à mon fils un PV écrit en arabe, auquel il ne comprenait rien, assurant qu'il s'agissait d'un document nécessaire à sa libération", a-t-elle expliqué. "Dans ce PV, on lui faisait dire notamment qu'il s'était converti à l'islam (...) qu'il avait de la sympathie pour les jihadistes et qu'il avait donné ces 700 dirhams sachant qu'un acte terroriste était en préparation", a poursuivi Mme Gallay, qualifiant ce PV de "roman". "Toute la procédure s'est ensuite appuyée sur cet écrit, alors qu'il a simplement dépanné" cette personne, a-t-elle dit.
En novembre, Human Rights Watch, la Fédération internationale des droits de l'Homme et Amnesty international avaient dénoncé les "méthodes douteuses des policiers" dans ce dossier.
"Thomas n'avait évidemment aucune connaissance des projets de quiconque, il ne s'est même pas converti à l'islam", a affirmé Mme Gallay. "Notre famille vit un drame épouvantable", a-t-elle lancé, déplorant la lenteur du procès. En 1ere instance, le tribunal avait refusé que les deux policiers ayant auditionné M. Gallay soient cités comme témoins par la défense.
"Nous ne comprenons pas que l'avocat de Thomas, Me Franck Berton, n'ait pas été autorisé à plaider en français, alors qu'il l'a déjà fait au Maroc dans d'autres dossiers", a-t-elle par ailleurs indiqué. "Je demande à la France d'agir en faveur de sa libération. Les services français ont fait leur propre enquête" et savent que le dossier est vide, a-t-elle conclu.
Interrogé par l'AFP, l'ambassade de France a fait savoir que le ministère des Affaires étrangères suivait "avec attention" la situation de M. Gallay "dans le respect de l'indépendance de la justice marocaine".
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Maroc : la mère d'un Français condamné lance un appel à la justice marocaine
AFP / le 19 janvier 2017 à 16h59


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