Les familles de deux des militants laïcs libéraux portés disparus début janvier au Pakistan ont réclamé leur retour, appelant les autorités à leur garantir "un procès équitable", et démentant les accusations de blasphème lancées à leur encontre.
Au moins cinq militants critiquant publiquement l'intolérance religieuse et parfois l'armée ont disparu sans laisser de traces en l'espace de quelques jours début janvier, laissant craindre une opération de répression des forces de sécurité, ce qu'elles démentent.
A mesure que la société civile se mobilisait pour ces disparus, les accusations de blasphème se sont multipliées sur les réseaux sociaux, déclenchant un flot de menaces envers ces militants.
Or lancer de telles accusations revient à appeler au meurtre dans un pays très conservateur, où au moins 17 personnes sont dans le couloir de la mort après avoir été condamnées pour blasphème, et nombre d'autres assassinées après de simples allégations.
"Cette campagne ne peut que viser à miner le soutien du public envers (...) nos proches enlevés", ont déploré les familles dans un communiqué. "Il y a des gens qui inventent tout ça, ce ne sont que des rumeurs", a assuré devant la presse Mesha Saeed, épouse du militant disparu Ahmed Waqass Goraya, porté disparu à Lahore le 4 janvier.
"Il n'a aucun lien" avec la page Facebook controversée qu'il est accusé d'avoir animée, a-t-elle assuré.
Les défenseurs des droits de l'Homme critiquent de longue date la loi punissant le blasphème, héritée de la colonisation britannique et souvent détournée pour régler des conflits personnels. Pour certains observateurs, les accusations sont une campagne concertée destinée à discréditer et réduire au silence les voix progressistes ou dissidentes. Nombre de commentateurs libéraux ont depuis fermé complètement les comptes et pages où ils s'exprimaient.
Pour Faraz Haider, frère du professeur Salman Haider, disparu dans la capitale Islamabad le 6 janvier, les accusations mettent également en danger la vie des proches des disparus. "Nous sommes très inquiets. Il faut garder en tête la gravité d'un tel sujet au Pakistan. Nous avons peur que tout ça nous mette en danger à l'avenir", a-t-il souligné.
L'avocat militant Jibran Nasir a indiqué avoir saisi lma Cour suprême et la Commission nationale des droits de l'Homme, afin de réclamer le retour des blogueurs disparus et l'arrêt des accusations de blasphème.
Au moins cinq militants critiquant publiquement l'intolérance religieuse et parfois l'armée ont disparu sans laisser de traces en l'espace de quelques jours début janvier, laissant craindre une opération de répression des forces de sécurité, ce qu'elles démentent.
A mesure que la société civile se mobilisait pour ces disparus, les accusations de blasphème se sont multipliées sur les réseaux sociaux, déclenchant un flot de menaces envers ces militants.Or lancer de telles accusations revient à appeler au meurtre dans un pays très conservateur, où au moins 17...


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