Liban

Griefs autour de la délocalisation du mohafazat de Baalbeck

Régions
S.N. | OLJ
14/01/2017

Un nombre de moukhtars de la ville de Baalbeck et de ses environs ont observé hier un sit-in devant le nouveau siège temporaire du mohafazat de Baalbeck-Hermel pour contester la méthode de la délocalisation du siège du mohafazat, qui porte préjudice selon eux au service du registre du statut personnel. Initialement basée au sérail de Baalbeck – en voie d'être converti en siège municipal grâce à une donation d'un million deux cent mille euros de l'État italien échue le 1er janvier dernier –, l'administration centrale du mohafazat s'est trouvée dans l'urgence d'être délocalisée : elle aura dès la semaine prochaine un emplacement temporaire dans une ancienne école publique de la ville de Baalbeck (mise à la disposition du ministère de l'Intérieur par l'ancien ministre de l'Éducation, Élias Bou Saab). Ce que contestent les moukhtars est le sort réservé au service du registre du statut personnel dans la foulée de cette délocalisation, laquelle risque d'être « plus longue que prévu » : l'état de la salle affectée à ce service suscite de vives réserves, sans compter la « négligence » avec laquelle les archives et classeurs du registre foncier ont été traités dans le cadre de l'opération.
Interrogé par L'Orient-Le Jour, un moukhtar de Baalbeck, Khaled Rifaï, s'exprime : « J'ai honte de dire que le nouveau bureau du registre personnel se situe à l'endroit des W-C de l'ancienne école, que l'on s'est contenté de repeindre et de recouvrir de tuiles. Je préfère dire, par euphémisme, que c'est l'ancien kiosque de l'école que l'on a affecté à ce service. Est-il permis d'aménager ce département dans un réduit aussi exigu, sachant que l'on a pris soin d'aménager une salle plus respectable à d'autres services, qui ne sont pas d'une plus grande utilité, comme le service médias, ou encore la Sûreté de l'État ? » s'indigne-t-il. Il dénonce également « l'absence d'une salle d'attente en bonne et due forme pour les citoyens qui viendraient effectuer des formalités dans ce service : les citoyens seront contraints d'attendre en plein air, c'est-à-dire sous le soleil cuisant de l'été ou la pluie diluvienne de l'hiver ». Mais c'est sur la question plus urgente du sort réservé aux classeurs du registre du statut personnel que s'attarde M. Rifaï. « Ces archives ont été empilées dans deux conteneurs laissés dans la cour de l'école : il suffit d'une petite averse pour que l'eau s'y infiltre et détruise le contenu des papiers », affirme-t-il, photo à l'appui.

Donations d'organismes internationaux
Si des moukhtars ont pris à leur charge de s'exprimer sur l'affaire, bien que n'étant pas directement concernés par le registre du statut personnel, c'est que ce service est géré par des fonctionnaires ayant une obligation de réserve, selon M. Rifaï, qui confie en outre avoir déjà transmis ses griefs à la municipalité, mais aussi aux responsables de la Sûreté de l'État, après que ceux-ci l'eurent convoqué d'une manière informelle à leurs bureaux il y a quelques jours. Un entretien est prévu en outre mardi prochain entre les moukhtars et le mohafez de Baalbeck-Hermel, Bachir Khodr.
À L'OLJ, M. Khodr confie avoir pris l'initiative de cet entretien par souci d'entendre les griefs des moukhtars, même si ceux-ci lui semblent quelque peu « démesurés ». Remettant l'affaire dans son contexte, il explique que « tous les services pâtissent de l'étroitesse des nouveaux locaux du mohafazat ». Il explique que même son bureau n'est pas enviable en termes d'espace et dément qu'un service ait été favorisé au détriment d'un autre. « J'ai pris à ma charge d'obtenir des organismes internationaux des donations d'une valeur de 160 000 dollars pour équiper le nouveau bâtiment, sans en faire subir les charges à l'État », affirme M. Khodr. Il ajoute que deux salles d'attente ont été aménagées pour les citoyens à l'endroit respectif des anciennes cours extérieure et intérieure de l'école.
C'est en outre avec beaucoup de sérieux qu'il évoque la question des archives. « Le responsable du registre est un fonctionnaire très sérieux qui ne prendrait jamais à la légère cette question », dit-il, en assurant que ces archives « se trouvent actuellement dans une salle à l'intérieur du nouvel établissement ». Une information contraire à celle fournie par le moukhtar, mais qui laisse présager peut-être d'une résorption de l'affaire. Le mohafez révèle en tout cas qu'un échange de terrains est actuellement négocié entre le ministère de l'Intérieur et l'armée : « Si l'armée accepte de nous concéder le terrain en question à Baalbeck, le mohafazat serait en passe d'acquérir un nouveau siège permanent et respectable », conclut-il.

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