Sur le seul mois de décembre, les exportations chinoises ont dévissé de 6,1 % sur un an à 209,4 milliards de dollars. Archives AFP
La Chine a vu son commerce extérieur reculer en 2016, exportations (-7,7 %) et importations (-5,5 %) s'affichant en net repli, confirmant l'essoufflement du géant asiatique, à l'heure où la rhétorique antichinoise de Donald Trump pourrait aggraver la situation.
Les exportations de la première puissance commerciale mondiale durant l'année passée ont atteint 2 100 milliards de dollars, et les importations 1 590 milliards, a annoncé hier l'administration des douanes, soit un excédent commercial de 510 milliards.
Sur le seul mois de décembre, les exportations ont dévissé de 6,1 % sur un an à 209,4 milliards de dollars. Les importations ont, dans le même temps, grimpé de 3,1 %, à 168,6 milliards de dollars. L'excédent commercial chinois était ainsi de 40,8 milliards de dollars. Les exportations avaient progressé de 0,1 % sur un an en novembre, à 196,8 milliards de dollars. Le sursaut était timide, mais cette stabilisation s'avérait de bon augure après sept mois de repli. Car les exportations chinoises avaient dégringolé de 10 % en septembre et de 7,3 % en octobre. En novembre, les importations chinoises avaient gonflé de 6,7 % sur un an, à 152,2 milliards de dollars, après s'être repliées de 1,4 % en octobre.
Les statistiques des douanes sont attentivement scrutées par les marchés pour jauger la santé de la deuxième économie mondiale : le commerce extérieur reste un pilier du PIB de la Chine et un moteur traditionnel de sa croissance.
Transition douloureuse
La conjoncture reste précaire : l'industrie en Chine est toujours plombée par des surcapacités massives ; l'envolée de l'endettement inquiète ; la croissance ne résiste que grâce à une bulle alarmante du secteur immobilier.
Le gouvernement chinois s'efforce de rééquilibrer le modèle de croissance du pays vers les services, les nouvelles technologies et la consommation intérieure, au détriment des industries lourdes et – justement – des exportations à faible valeur ajoutée : la transition s'avère douloureuse. La part du commerce dans son PIB est tombée de 66 % en 2006 à 40,7 % en 2015, selon la Banque mondiale, mais reste un moteur de croissance crucial. Et la perspective de vives tensions avec les États-Unis (le deuxième partenaire commercial de Pékin après l'Union européenne) pourrait plomber les échanges de la Chine : le président élu américain Donald Trump a promis d'imposer une taxe prohibitive de 45 % sur les importations chinoises.
(Source : AFP)

