Samir Geagea. Photo archives AFP
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a affirmé hier que le dialogue avec le Hezbollah n'a pas encore été entamé, affirmant que pour ce faire, il est nécessaire de partager d'abord une plate-forme commune avec le parti chiite.
« Jusqu'à présent, il n'y a pas de dialogue avec le Hezbollah et nous attendons des éléments qui permettraient d'engager un tel échange selon une feuille de route dotée d'une échelle temporelle claire, visant à instaurer un État effectif au Liban », déclare M. Geagea dans un entretien avec la revue al-Massira, estimant qu'« une plate-forme commune est nécessaire, d'autant qu'elle a toujours manqué et manque encore ». « Si un document de travail est présenté en vue d'un tel dialogue, nous le discuterons », affirme dans ce cadre le leader des FL, soulignant qu'« il n'existe aucune hostilité dans nos rapports, mais plutôt une divergence de points de vue autour de l'instauration d'un État ». Toujours au sujet de ce possible rapprochement avec le parti chiite, M. Geagea note qu'« une atmosphère positive est perçue à travers les médias », soulignant cependant qu'il ignore « si ce climat apporte des éléments sérieux à la question ».
Sur l'éventualité d'une visite du président Michel Aoun en Syrie au cas où ce dernier reçoit une invitation en ce sens, M. Geagea répète ce qu'il a dit il y a plus d'un mois, à savoir qu'« actuellement, il n'y a pas d'État en Syrie, mais plutôt quelques groupes armés dont celui de Bachar el-Assad ». « M. Assad ne rassemble pas autour de lui plus de la moitié de son peuple. En outre, au plan extérieur, la majorité des États ne le reconnaissent pas. En conséquence, il n'y a pas d'État à qui rendre visite aujourd'hui à Damas », insiste le chef des FL.
Dans ce contexte, il fait savoir une fois de plus qu'il n'est pas contre la visite du président Aoun en Iran, parce qu'« il y a un État qui n'a pas tué la moitié de son peuple comme cela s'est passé en Syrie, où le régime est fondé sur le soutien des milices chiites, des pasdaran iraniens et des Russes ».
Les législatives
Sur un autre plan, le chef des FL décrit le 18 janvier 2016 (jour où il a solennellement appuyé la candidature de M. Aoun à la présidence de la République) comme « un moment historique qui a contribué au retour des institutions et à la normalisation de la vie politique » et évoque « une journée glorieuse qui a assaini à 100 % le climat au plan interchrétien ».
En réponse à une question, il affirme qu'« il n'y a pas de conflit avec les Kataëb au niveau de la pensée et des principes nationaux mais plutôt sur les positions et la pratique politiques », et indique que « des efforts sont déployés pour ramener les relations à la normale ».
Quant aux alliances électorales qu'il compte établir en vue des prochaines législatives, le leader des FL fait savoir que « les alliances se feront avec le Courant patriotique libre et le courant du Futur », sans toutefois exclure « l'ouverture vis-à-vis de tous ».
Pour ce qui est des projets de loi électorale, M. Geagea indique que parmi ceux proposés, certains sont à l'heure actuelle sujets à discussion. « Le premier est celui du mode de scrutin mixte que nous avons proposé avec le courant du Futur et le Parti progressiste socialiste, le second est celui proposé par le président de la Chambre, Nabih Berry », dit-il, évoquant également le vote limité, scrutin à travers lequel l'électeur choisit un nombre de candidats inférieur au nombre de sièges à pourvoir dans une circonscription donnée, et enfin un mode de vote majoritaire au niveau du caza et proportionnel au niveau du mohafazat.
À noter dans ce contexte que M. Geagea avait rassuré mardi une fois de plus le chef du Parti progressiste socialiste, Walid Joumblatt, affirmant via Twitter qu'il n'accepterait « aucune nouvelle loi qui ne contenterait pas le PSP ».

