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Pouvoirs présidentiels : les députés turcs en viennent aux mains

AFP
12/01/2017

Le députés turcs en sont venus aux mains tôt jeudi lors de l'adoption par le parlement de trois articles du projet de réforme constitutionnelle visant à étendre les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. Des images étaient largement diffusées jeudi matin, montrant les députés des camps opposés se battre et se lancer des chaises au cours d'une session nocturne.

Ce projet de présidentialisation du système politique turc divise profondément le Parlement, l'opposition dénonçant une dérive autoritaire du président Erdogan. Ce à quoi le parti islamo-conservateur au pouvoir, l'AKP, rétorque qu'un système présidentiel est nécessaire pour assurer la stabilité au sommet de l'Etat et qu'il permettrait de s'aligner sur les systèmes en vigueur en France ou aux Etats-Unis.

Une vidéo montre notamment un député saisir par le cou un autre parlementaire, et des coups de poings distribués à la volée. Une photo montre par ailleurs les dégâts causés à la base du pupitre du Parlement.
"Nous ne sommes pas dans un théâtre. Nous faisons un travail sérieux, nous travaillons au nom de la nation", s'est agacé le vice-président du Parlement, Ahmet Aydin, selon le quotidien Hürriyet. "Ce pupitre est le pupitre de la nation. Que les députés retournent à leur place."

Au cours de cette session mouvementée, trois des 18 articles du projet de réforme ont été approuvés par le Parlement. Ces articles portent sur le passage de 25 à 18 ans de l'âge d'éligibilité pour les députés, la tenue des élections législatives tous les cinq ans -contre quatre actuellement -, et sur la redéfinition des pouvoirs du Parlement. Deux articles avaient déjà été adoptés mardi, concernant le système judiciaire et le passage de 550 à 600 députés.

Les députés du Parti républicain des Peuples (CHP, social-démocrate) n'ont pas pris part à ce vote, déjà boycotté par le Parti démocratique des Peuples (HDP, prokurde). Le HDP avait pris cette décision pour protester contre l'arrestation d'une dizaine de ses députés, dont ses co-présidents, accusés de soutenir le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le vote en deux lectures du texte doit durer deux semaines, sans interruption. Il doit obtenir 330 voix pour pouvoir être soumis à référendum. L'AKP et la formation de droite nationaliste MHP, qui soutient le texte, disposent ensemble d'un total de 355 voix.

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